Pégasse Téte de l'Ogre

 

Pégase est une constellation de l'hémisphère nord, située au sud d'Andromède, au nord-ouest des Poissons et au nord du Verseau.

Histoire et mythologie

 Cette constellation doit son nom à Pégase, le cheval ailé de la mythologie grecque. Elle est rattachée à la légende d'Andromède

Pégase

Bellérophon chevauchant Pégase d'après Mary Hamilton Frye, 1914.

Pégase (en grec ancien Πήγασος / Pếgasos, en latin Pegasus) est l'une des créatures fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque[1]. C'est un cheval ailé divin[2] généralement représenté en blanc. Il naît avec son frère Chrysaor du sang de la gorgone Méduse, lorsqu'elle est décapitée par le héros Persée. Les poètes gréco-romains rapportent qu'il monte au ciel après sa naissance et se met au service de Zeus, le roi des dieux, qui le charge de lui apporter les éclairs et le tonnerre sur l’Olympe. Ami des Muses, Pégase est le créateur de la source Hippocrène qu'il fait jaillir d'un coup de sabot. Il est capturé par le héros grec Bellérophon près de la fontaine de Pirène, grâce à l'aide d'Athéna et de Poséidon. Pégase permet à ce héros de le monter afin de vaincre un monstre, la Chimère, avant de réaliser de nombreux autres exploits. Son cavalier est toutefois victime de son orgueil et chute de son dos en tentant d’atteindre le mont Olympe. Pégase retrouve Zeus qui finit par le transformer en constellation et le placer dans le ciel.

Son origine pourrait être un ancien dieu des orages dans la mythologie hittite, portant l'épithète de Pihassassa. Une partie du mythe serait passée des peuples louvitophones aux anciens Grecs[3], mais d'autres théories évoquent l'observation des forces naturelles, de l'eau, de la foudre ou des oiseaux, ou encore la domestication du cheval par les anciens Grecs. Le mythe de Pégase connait une large diffusion dans le monde antique ; repris par les Romains, il est partiellement christianisé et fait l'objet de nombreux commentaires, ainsi que de théories et de reconstitutions depuis le Moyen Âge. Des hypothèses ont été proposées quant à son lien avec les Muses, les dieux Athéna, Poséidon, Zeus et Apollon, ou encore le héros Persée.

La symbolique de Pégase est vaste, et varie suivant les époques et les courants de pensée. Symbole de sagesse et surtout de Renommée dès le Moyen Âge jusqu'à la Renaissance, il devient celui de la poésie et le créateur des sources dans lesquelles les poètes viennent puiser l’inspiration, particulièrement au XIXe siècle où de nombreux poèmes exaltent cette fonction. Pégase est le sujet d'une iconographie très riche, principalement à travers les poteries grecques antiques, les peintures et les sculptures de la Renaissance. Que ce soit par le biais d'une personnification de l'eau, d'un mythe solaire, d'une monture chamanique, de l'alchimie ou encore de l'imagination mise en valeur dans les travaux des psychanalystes continuateurs de Carl Jung, une profonde symbolique ésotérique en relation avec l'énergie spirituelle qui permet d'accéder au domaine des dieux, le mont Olympe, lui est attachée.

Le nom mentionné dans les premiers poèmes en grec ancien est Πήγασος, qui a lui-même donné Pếgasos et Pegasus en latin dans les textes plus récents, puis le nom propre « Pégase » en français. De nombreuses épithètes lui sont attribué par les poètes gréco-latins, parmi lesquels Hyios gorgoneus, equus Gorgoneus et prœpes Médusae soit « fils de la Gorgone » ; Peirenœos polos soit « cheval de Pirène » ; equus Bellerophonteus soit « cheval de Bellérophon » ; ales soit « ailé » ; aerlus equus, soit « cheval céleste » ; et sonipes soit « au pied sonore »[4]. Selon le poète grec Hésiode, le nom Pếgasos vient du grec πηγή / pêgế, qui signifie « source » ou « fontaine » :

« Et celui-ci fut ainsi nommé parce que ce fut près des sources Océaniennes qu'il naquit »

Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne], vers 280

Le nom de Pégase signifierait en grec ancien « de la source » (pêgê) ou « la source jaillissante »[5], et se rapproche du mot « source »[6] ainsi que du concept d'eau, certains philologues attribuant à ce nom une origine carienne[7]. Toutefois, pour d'autres spécialistes, cette origine relève de la légende plutôt que de l'histoire puisque le suffixe -asos suggère une origine pré-grecque du nom[8], qui renvoie à une périphrase pour désigner un animal blanc porteur de foudre[7].

Origine étymologique

Adalbert Kuhn a supposé en 1852 que le nom de Pégase dérive du même radical qu'un verbe et un adjectif signifiant « épais » et « fort », et pourrait être rapproché du sanscrit védique pâjas, signifiant « force » et « puissance »[9],[10], la même théorie est soutenue par Sri Aurobindo[11].

Une étude sur le langage proto-indo-européen fait savoir que le mot d'origine pour cheval, *ekwo-, a donné le hiéroglyphe Hittite asu ou asuwa. Cette forme suggère que le *-k- de *ekwo- s'est changé en -s- dans les langues anatoliennes[12]. Un autre rapprochement récent existe entre « Pégase » et le louvite pihassas, qui signifie « éclair ». Dans la même langue, Pihassasas est soit une divinité, soit une épithète pour le dieu des tempêtes Tarhu. Il semble que la racine piha- ait désigné la luminosité et la splendeur[13],[Note 1]. Cette épithète ou cet ancien dieu de l'orage pourrait être à l'origine de Pégase, dont le nom Πήγασος serait une version grecque du louvite Pihassassas[14], mais cette théorie reste à l'état de spéculation en l'absence de preuves plus solides[Note 2].

Sans qu'une étude fasse le rapprochement, Pegah (پگاه) signifie « l'aube » ou « l'aurore » en persan[15]. Il semblerait qu'en hébreu, Peka, Pega ou Pehah désignent le chef et Sùs un cheval[16], mais cette théorie n'est pas soutenue, pas plus que celle qui voudrait que le nom de Pégase dérive de l'égyptien pgw, désignant la cruche en usage pour se laver[17].

Nom propre

Le nom de « Pégase » démontre un problème de logique. Il est lié à une croyance existentielle, or, tout nom propre authentique doit désigner « quelque chose qui existe », c'est-à-dire une entité réelle ou quelque chose qui possède une référence. L'affirmation « Pégase n'existe pas » est en elle-même un problème de logique, puisqu'il faut alors peut-être nier l'existence de quelque chose qui n'existe pas. En affirmant que « Pégase n'existe pas », il y a deux solutions : la proposition est vraie, et on ne peut pas faire référence au nom propre authentique « Pégase » puisqu'il n'existe pas. Ou bien Pégase existe et la proposition est fausse puisqu'elle affirme qu'il n'existe pas. Une théorie serait que Pégase et un certain nombre de noms propres utilisés comme tels ne soient pas des noms propres logiques authentiques[18].

Nom commun

« Pégase » peut être un nom commun pour le cheval ailé. C'est le cas en héraldique, où le nom commun pégase désigne la figure du cheval ailé, mais aussi dans les jeux de rôle comme Donjons et dragons, et les jeux vidéos qui donnent le nom de « pégases » aux représentants de la « race » des chevaux ailés. On retrouve ce nom devenu commun dans de multiples mondes imaginaires inspirés du mythe antique[Note 3].

Sources antiques écrites

Les épisodes du mythe de Pégase sont principalement transmis par les poètes gréco-romains. La plus ancienne source écrite est celle d'Hésiode, au IXe ou VIIIe siècle av. J.-C., qui parle de la naissance de Pégase et de la Chimère dans sa Théogonie. Ovide raconte sa naissance dans les Métamorphoses, Hygin évoque plusieurs épisodes dans ses Fables, et Pindare conte la façon dont Bellérophon capture Pégase au VIe siècle av. J.-C. Il est très difficile de restituer un ordre chronologique à l'histoire de Pégase, de nombreux auteurs évoquent ce mythe plus ou moins brièvement, se contredisant parfois entre eux.

Naissance

Article connexe : Méduse (mythologie).
Méduse est décapitée par Persée, Pégase et Chrysaor sortant du cou tranché. Gouache par Edward Burne-Jones.

Pégase est considéré comme le fils du dieu Poséidon et de la gorgone Méduse. Hésiode dit que « Poseidaôn (Poséidon) aux cheveux noirs s'unit à Médousa (Méduse) dans une molle prairie, sur des fleurs printanières[19] ». L'épithète « aux cheveux noirs » est traduit plus récemment par « Sombre-crinière », indiquant que Poséidon prend la forme du cheval pour s'unir à Méduse[20]. La version d'Ovide est plus complète :

Le Grand carré de Pégase est un astérisme en forme de carré constitué par les étoiles suivantes : Markab (α Pegasi), Sheat (β Pegasi) et Algenib (γ Pegasi), de la constellation de Pégase et Sirrah (α Andromedae), de la constellation d'Andromède.

Le grand carré est un repère majeur de la voûte céleste, qui se reconnaît directement à sa forme, et à l'absence d'étoile significative dans son périmètre.

Il appartient à un immense alignement qui fait le tour du globe, et qui est un axe de repérage majeur de la voûte céleste. Partant du Grand carré de Pégase il passe par Algol, Capella, Castor et Pollux, Alphard (Hydre), l'extrêmité des Voiles puis Acrux et Alpha Centauri, Shaula (λ Scorpii), l'arc et la tête (σ Sgr) du Sagittaire, puis remonte par la tête du Capricorne (β Cap), le long de l'axe du Verseau, pour boucler sur la diagonale du Grand carré de Pégase.

 Beta Persei

Algol (β Persei)

Étymologiquement, Algol dérive de l'arabe ra's al-ghoul رأس الغول: «la tête (ra's) de l'ogre (al-ghoul)». En astronomie chinoise, cette étoile fait partie de l'astérisme Daling, qui représente un mausolée.

Alpha Aurigae

Alpha Aurigae (α Aurigae / α Aur), au moins aussi connue sous son nom traditionnel de Capella est l'étoile la plus brillante de la constellation du Cocher

Capella signifie « chevrette » en latin, l'étoile représentant traditionnellement la chèvre que le cocher porte sur le dos, ou bien parfois l'épaule gauche du cocher de la constellation éponyme. En astronomie chinoise, elle fait partie de l'astérisme Wuche, représentant cinq chars. Parmi les étoiles les plus brillantes, Capella est l'étoile la plus proche du pôle nord céleste (l'étoile polaire(Polaris) paraît bien pâle en comparaison), et jouit ainsi depuis longtemps d'un rôle très important dans l'ensemble des mythologies.

Cocher

Cette constellation représente un homme portant sur son dos une chèvre, suivi de deux ou trois chevreaux. Il est possible que sa dénomination remonte aux babyloniens qui la prénommait Rubiki (le chariot). Les Grecs l'avaient assimilée à Érichthonios, héros athénien qui aurait inventé le chariot à quatre chevaux.

Observation des étoiles

Localisation de la constellation

La constellation se repère par la position de Capella, son étoile la plus brillante.

 

 

Suite !!

 

 

 

 

 

 

 

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