Triade Capitoline

http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-S%C3%A9pulcre

Volonté constantinienne

Plan au sol de la construction du IVe siècle ((en))

Au début du IVe siècle, les lieux de la crucifixion et de l'ensevelissement de Jésus de Nazareth sont dissimulés sous un forum romain où se dresse un grand temple dédié à la triade Capitoline, érigé par Hadrien lorsqu'il a transformé Jérusalem en une cité romaine du nom de Aelia Capitolina, après avoir écrasé la seconde révolte juive[1].

En 325, suivant la demande de l'évêque Macaire l'empereur Constantin envoie l'architecte Zénobie à Jérusalem, qui commence à attirer des pèlerins chrétiens. Il y fait araser le rocher sépulcral, dégageant ainsi le tombeau putatif de Jésus de Nazareth et construit à la place un ensemble de bâtiments destinés à glorifier la mort et la résurrection du messie du christianisme. On évalue à 5 000 m3 la pierre ainsi extraite, car le diamètre de l'édifice est de 35 m, et la hauteur du rocher creusé de 11 mètres[2]. Hélène, mère de l'empereur convertie au christianisme, s'y rend elle-même en pèlerinage l'année suivante et une tradition lui attribue la découverte de la Vraie Croix, près du Golgotha[1].

Un premier ensemble de bâtiments est achevé en 335 comprenant la rotonde, pour célébrer la Résurrection - ou Anastasis, en grec -, un atrium entouré de trois portiques à colonnes, une basilique à cinq nefs témoignant de la Passion et de la Résurrection appelée Martyrium (du grec, marturion, témoignage), complétés par un narthex, un atrium extérieur et une série de marches donnant sur le cardo maximus. Au centre de la rotonde, Constantin aurait déjà fait construire un édifice destiné à renfermer le tombeau, appelé en grec Kouvouklion (Kουβούκλιον ; « petit compartiment ») ou édicule (du latin : aediculum, « petit bâtiment »), mais il n'est actuellement pas possible de vérifier ce fait. Dans les années qui suivent, une série de bâtiment commémoratifs dessinent un parcours à travers lequel les pèlerins se glissent dans la vie, la mort et la résurrection de leur messie[1].

Lieu de pèlerinage, première croisade

Au Moyen Âge, le Saint-Sépulcre est le lieu de pèlerinage par excellence, une destination prestigieuse de pèlerinage pour la chrétienté occidentale. Jérusalem est alors sous domination musulmane depuis le VIIe siècle. Les musulmans réservent la basilique de la Résurrection, où se trouve le Saint-Sépulcre, au culte chrétien en prélevant, depuis leur arrivée un droit d'entrée lucratif auprès de chaque pèlerin, taxe qui finira par irriter ces derniers dont le nombre augmente de manière croissante[5].

Au début du XIe siècle, en 1009, à la suite d'autres bâtiments chrétiens comme le monastère de Sainte-Catherine du Mont Sinaï, la basilique de la Résurrection est détruite par le calife fatimide Al-Hakim qui, se pensant investi d'une autorité divine, persécute chrétiens, juifs et certains musulmans[6]. L'accès au Saint-Sépulcre interdit durant une dizaine d'année. L'évènement s'amplifie sous la plume de chroniqueurs comme Raoul Glaber ou Adhémar de Chabannes qui parlent d'un complot anti-chrétien fomenté par les conseillers juifs du Sultan inspirés par leur coreligionnaires européens. Cette rumeur crée un vif émoi et une colère qui se retournent contre les juifs d'Europe et déclenchent une série de pogroms prendront place entre 1009 et 1012[7]. À partir de 1027, les relations entre l'Empire byzantin et les califes s'améliorent permettant un accord sur la reconstruction entre l’empereur Michel IV le calife Al-Mustansir Billah. L’église est reconstruite grâce à une collecte à travers la chrétienté et à l'argent de l’empereur byzantin. Le travail achevé en 1048 sous Constantin IX Monomaque[8]. Dès 1020, dans un contexte politique instable qui voit se succéder fatimides et abbassides, créant une insécurité latente, les pèlerinages reprennent, parfois sous forme de cortèges armés qui anticipent les croisades[9].

Quand la première croisade est prêchée en Europe vers 1095, l'église de la Résurrection, si elle est en mauvais état, n'est ni spoliée ni profanée[6]. Pourtant, le thème de l'atteinte au Saint-Sépulcre fera partie de l'arsenal des amalgames malveillants utilisés pour la propagande guerrière visant à susciter l'indignation et la réaction des chrétiens, qui sont appelés à délivrer les lieux saints de Jérusalem[10]. Une forgerie est d'ailleurs créée pour Urbain II à cet effet, connue sous le nom de « fausse encyclique de Sergius IV », censée avoir été écrite par ce pape en 1011 à la suite de la destruction de la ruine de l'église du Saint-Sépulcre par Al-Hakim, appelant les chrétiens à « venger » le Saint-Sépulcre et l'arracher aux infidèles pour obtenir le salut de leur âme[11]

Reconstruction

Plan au sol de la construction acvtuelle ((en))

La reconstruction du XIe siècle, opérée par des équipes byzantines et locales, conserve la structure architecturale de la basilique constantinien.

 

Authenticité du tombeau

Récits antiques

Entrée du tombeau du Christ, église du Saint-Sépulcre

Suivant les récits d'Eusèbe de Césarée, hagiographe de l'empereur Constantin, et Socrate le Scolastique, écrivain du Ve siècle, l'endroit aurait déjà été considéré comme le lieu de la crucifixion et de sépulture de Jésus de Nazareth et tenu en vénération par la communauté chrétienne de Jérusalem[réf. nécessaire] avant les fouilles et la construction d'une église (la première datant de 335). La communauté se serait toujours rappelé du lieu, même lorsque le site fut recouvert par le temple d'Hadrien.

Eusèbe de Césarée insiste en particulier sur la découverte du tombeau : « Il est offert à tous ceux qui viennent pour en être les témoins visuels, une preuve claire et visible du miracle dont ce lieu a été la scène » (Vie de Constantin, Chapitre XXVIII).

c'est le Tombeau du Christ », inscrit dans la roche par des pèlerins chrétiens avant la construction du temple romain. Des graffiti anciens semblables sont toujours visibles dans les catacombes de Rome ; ils indiquent notamment les tombeaux de saints particulièrement vénérés

 

Chapelle Sainte-Hélène

Vue de la chapelle
Détail de la mosaïque devant l'autel

La chapelle Sainte-Hélène se trouve dans la partie inférieure de la basilique du Saint-Sépulcre. Elle appartient à l'Église apostolique arménienne et date du XIIe siècle.

Une chaire se trouve au sud-ouest de la chapelle qui est, selon la tradition, celle de sainte Hélène, lorsqu'elle vint en pèlerinage à Jérusalem pour le recouvrement de la Croix. La chapelle comporte deux absides, l'une dédiée à sainte Hélène, l'autre au bon larron. La chapelle est modestement décorée en souvenir des goûts simples de sainte Hélène.

Le chroniqueur Guillaume de Tyr (1130-1186) décrit la restauration de la basilique qui est intervenue au milieu du XIIe siècle. Les croisés ont procédé à des fouilles à l'orient de la basilique pour retrouver les traces du Golgotha, et ont découvert les vestiges de l'espace clos qui entourait le temple d'Hadrien. C'est ainsi qu'ils ont décidé de vouer ce lieu à sainte Hélène et d'en faire une chapelle. Le sol de la chapelle est recouvert de mosaïques.

D'autres fouilles ont eu lieu bien plus tard en 1972-1973 qui ont mis au jour deux murs bas du temple d'Hadrien, la représentation d'un bateau romain du IIe siècle, et un mur plus élevé du IVe siècle qui soutenait la basilique constantinienne.

Les autorités de l'Église apostolique arménienne ont récemment transformé cet espace en chapelle dédiée à saint Vartan, avec un accès au nord. Elle peut être visitée sur demande à partir de la chapelle Sainte-Hélène.

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_du_Saint-S%C3%A9pulcre_(J%C3%A9rusalem)

Église constantinienne

L'église du Saint-Sépulcre, Vue en coupe sur la Rotonde
Plan du site au IVe siècle, avec en bleu la basilique de Constantin
Le Saint-Sépulcre sur lequel flotte le drapeau à la Croix de saint Georges, et le minaret à gauche de la Mosquée d'Omar.

Eusèbe de Césarée décrit dans sa Vie de Constantin (Vita Constantini) comment le site du Saint Sépulcre, devenu un lieu de dévotion pour la communauté chrétienne à Jérusalem, fut recouvert par la suite de terre sur laquelle on édifia un temple païen dédié à Vénus. Bien qu'Eusèbe de Césarée n’en dise pas beaucoup, il se peut qu’il s’agisse d’une partie de la Jérusalem reconstruite par Hadrien en 135 et rebaptisée Ælia Capitolina, après la répression de la Révolte juive de 70 et la Révolte de Bar Kokhba de 132-135.

L'empereur Constantin ordonna vers 325/326 que le site antique soit découvert et demanda à Macaire de Jérusalem de construire une église à l’endroit même où fut crucifié et enterré le Christ.

Les pèlerins de Bordeaux (Itinerarium Burdigalense) rapportèrent les faits suivants en 333 : « Là, à présent, sur l’ordre de l'empereur Constantin, a été construit une basilique, c'est-à-dire une église de beauté merveilleuse, ayant à ses côtés des réservoirs d’où l’on tire de l’eau et un bassin à l’arrière, où les petits enfants sont baptisés »[1].

Socrate le Scolastique (né vers 380), dans son « Histoire Ecclésiastique », donne une description précise de la découverte (reprise plus tard par Sozomène et par Théodoret). Il souligne le rôle important qu’ont joué les fouilles et la construction menées par la mère de Constantin, Sainte-Hélène, à qui est aussi créditée la redécouverte de la Vraie Croix.

Constantin donna à Hélène la tâche de construire des églises sur les différents sites qui commémoraient la vie de Jésus-Christ : l'Église du Saint Sépulcre commémore la fin de la vie de Jésus, la Basilique de L'Éléona sur le mont des Oliviers est l'endroit même où Jésus serait monté au ciel, l'Église de la Nativité à Bethléem en commémore le début. Elle fit aussi construire une église à l'entrée d'Hébron.

 

L'église de Constantin fut construite à proximité du lieu de la Crucifixion et reliait trois églises érigées sur les trois différents sites saints, incluant :

  • une grande basilique (le Martyrium visité par la religieuse Égérie vers 380),
  • un atrium fermé par des colonnes (un triportique) et construit autour du traditionnel rocher du calvaire
  • une rotonde, appelée Anastasis (« la Résurrection »), dans laquelle se trouvait une grotte identifiée par Hélène et Macaire de Jérusalem comme étant le lieu de sépulture de Jésus.

Après avoir arasé la dénivellation rocheuse dans laquelle la grotte sépulcrale se trouvait, le Tombeau mis ainsi à découvert, fut abrité au centre de la rotonde par une structure appelée Kouvouklion (en grec : chambrette) ou Édicule (ædiculum en latin, petit bâtiment). Le dôme de la rotonde fut construit vers la fin du IVe siècle.

Depuis, le pèlerinage vers le symbole le plus éminent de la Chrétienté se développa : les itinéraires vers la Terre Sainte constituèrent alors le pèlerinage auquel les occidentaux attachèrent le plus d'importance.

La durée d'un pèlerinage à Jérusalem pouvait durer de quelques mois à quelques années, et les innombrables dangers faisait qu'un pèlerin sur deux n'en revenait pas.

La seconde église fut détruite par un tremblement de terre en 746.

Au début du IXe siècle un violent séisme abîma la coupole de l'Anastasis. Les dommages furent restaurés en 810 par le Patriarche Thomas.

En 841, l'église subit un incendie.

En 935 les chrétiens réussirent à éviter qu'une mosquée ne soit construite en un lieu juxtaposé à la Basilique.

En 938 Nouvel incendie. Le feu s'engouffra dans la Basilique, dans l'aprotique et même dans l'Anastasis.

En 966, en raison d'une défaite des armées musulmanes en Syrie une émeute éclata et fut suivie de représailles. La Basilique fut encore une fois incendiée. Les portes et le toit brûlèrent, le patriarche fut assassiné. Mais tous ces désastres abîmèrent surtout les structures en bois. Les dommages purent être réparés au prix de grands sacrifices de la part de la communauté chrétienne, plongeant cette dernière dans le dénuement.

 Mais le 18 octobre 1009, le bâtiment originel du Saint-Sépulcre fut complètement détruit par le calife Fatimide et chiite Al-Hakim bi-Amr Allah.

L'historien arabe Yahia Ibn Sa'id décrit cet événement ainsi :

« Ils s'emparèrent de tous les meubles qui se trouvaient dans l'église et les détruisirent complètement; ils ne laissèrent que ce dont la destruction était très difficile. Ils détruisirent aussi le Calvaire et l'église de Saint Constantin et tout ce qui se trouvait à proximité, et ils tentèrent d'éliminer les vestiges sacrés. Cette destruction commença le Mardi cinquième jour avant la fin du mois de Saffar (15 août 1009). »

 

 

Suite !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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