Despotat de Morée Mistra- MUR DE L'HEXAMILION (MUR DE 6 Milles)

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mistra

En 1348, Jean VI, nouvellement empereur, envoie son second fils, Manuel, afin de stabiliser le Péloponnèse.

C'est le début du Despotat de Morée, un gouvernement plus indépendant que les précédents,

placé sous autorité directe de l'empereur[16],[24].

Les seigneurs grecs accueillent volontiers les nouveaux gouverneurs

et, malgré le soutien de la population, l'autorité de Manuel ne s'exerce plus

qu'à l'intérieur des murs de Mistra.

Au cours du règne de Manuel,

Mistra connaît une période de relative prospérité et de paix, favorable à la poursuite de l'essor de la ville.

Vers 1350,

Manuel fait construire le monastère des Zoodotes.

L'église de ce monastère devient l'église attitrée de la cour[28].

On considère que ce pourrait être l'actuelle église Sainte-Sophie[29].

Il fait agrandir le palais, en ajoutant à la demeure franque d'origine une nouvelle aile au nord, probablement de plusieurs étages.

Il y ajoute également deux tours, dont une abrite une chapelle[28].

Jean VI Cantacuzène, empereur byzantin et père des despotes Mathieu et Manuel. Il passe ses dernières années à Mistra

Si Mistra connaît une période de paix, c'est en partie grâce à l'action de Manuel.

Il met de l'ordre dans l'administration de la Morée et affermit l'autorité grecque par des combats victorieux

contre les incursions turques.

Ostrogorski estime qu'en cette période de décadence de l'Empire byzantin,

l'essor de la Morée représente alors le seul point lumineux[30].

Manuel n'ayant pas de descendance, Mathieu Cantacuzène succède à son frère pour trois ans de 1380 à 1383.

Mathieu qui s’est établi à Mistra depuis 1361, espère, dans un premier temps,

que son statut d'ex-empereur lui permette d'obtenir de son frère le titre de

gouverneur de Moréece que Manuel lui refuse.

Finalement, les deux s'associent pour gouverner la province, mais c'est bien Manuel qui conserve réellement le pouvoir, Mathieu se vouant à l'écriture de textes philosophiques et religieux[31].

À la mort de Manuel, il peut désormais exercer son pouvoir, mais n'a plus son ambition d'antan[32].

En 1379, Mistra tombe dans le giron des Paléologues.

En effet, en 1379, Jean remonte sur le trône, après quelques années de pouvoir de son fils Andronic IV, et donne en apanages à ses fils de larges portions du territoire byzantin, dont le Péloponnèse à Théodore[33].

Si le despote Mathieu ne réagit pas à cette annonce, son fils Démétrios s'oppose à cette décision et organise une révolte,

tentant ainsi de rompre avec Constantinople[29]

en s'assurant du soutien des nobles grecs du Péloponnèse, mais aussi de pirates turcs[32].

Lorsque Théodore arrive dans le Péloponnèse en décembre 1382, Démétrios contrôle la majeure partie de la péninsule.

La révolte de Démétrios meurt avec son initiateur, à la fin de 1383 ou au début de 1384.

Résidant jusqu'alors à Mistra, Mathieu et Jean VI Cantacuzène se retirent de la cour.

Jean meurt dans un monastère de Mistra le 15 juin 1383, suivi de Mathieu neuf jours plus tard[34].

 

Théodore Ier

Pour Ostrogorski, la reprise de Mistra aux Cantacuzène par les Paléologue est le seul succès à porter à leur crédit à cette période[35]. Le règne des Paléologue à Mistra se caractérise par des relations

entre le despotat et Constantinople

 plus proches qu'auparavant, et aussi par une politique expansionniste.

Mistra voit son influence renforcée, à la fois sur le plan politique et culturel, malgré le fait que la paix soit toute relative dans la région[29]. Alors que Manuel n'a eu de cesse de maintenir la paix avec ses voisins,

Théodore est en guerre permanente contre eux, afin d'accroître ses possessions[36].

Après leur victoire sur les Serbes en 1389, les Ottomans tournent leur attention sur la Grèce

et occupent Thessalonique et la Thessalie (1391).

Bayezid Ier décide alors de s'aventurer plus en avant en Grèce et dans le Péloponnèse.

Au printemps 1395, une armée turque traverse l'isthme de Corinthe et ravage l'Arcadie,

mais Mistra est épargnée,

car l'attention des Turcs est détournée par la croisade lancée par Sigismond de Hongrie,

qu'ils mettent en déroute à Nicopolis le 25 septembre 1396.

Théodore en profite pour faire réparer l'Hexamilion,

censé protéger la péninsule d'une nouvelle attaque turque.

En vain. Le Péloponnèse est une nouvelle fois ravagé par l'armée turque qui s'enfonce jusqu'à Modon et Coron,

avant de se retirer en Thessalie. Une nouvelle fois, la vallée de Mistra est épargnée[37].

Le mur de l'Hexamilion ('Εξαμίλιον τείχος, « mur de six milles ») est une muraille de défense

datant de la fin de l'Empire romain, barrant l'Isthme de Corinthe

et destinée à défendre la seule route terrestre existant entre la péninsule du Péloponnèse et la Grèce continentale.

mais l'ampleur de l'entreprise est telle que l'Hexamilion

est de fait la plus importante structure archéologique de toute la Grèce.

Toutes les pierres des constructions des environs furent cannibalisées à cet effet, soit intégrées directement dans le mur,

comme ce fut cas pour le temple de Poséidon à Isthmia, soit réduites à l'état de chaux,

sort réservé aux temples de l'Héraion de Perachora et à une importante partie de la statuaire antique de Corinthe.


L'empereur Manuel II Paléologue, frère de Théodore,

quitte Constantinople afin de trouver de l'aide contre les Turcs auprès des cours d'Occident.

  Il laisse sa femme, l'impératrice Hélène, et ses deux fils aux soins de Théodore[38]. Mais celui-ci n'a désormais que peu confiance en l'avenir de Mistra. Il propose aux Vénitiens d'acheter Corinthe, mais ceux-ci refusent.

  L'ordre des Hospitaliers envoie alors depuis Rhodes une ambassade pour lui proposer d'acheter Corinthe.

Sur les conseils de l'Impératrice et avec l'accord de Manuel II, il leur vend cette ville.

Une fois établi à Corinthe, l'ordre cherche à accroître ses possessions dans le Péloponnèse.

Une autre ambassade se rend à Mistra afin de demander, cette fois, le rachat de Kalavryta et de Mistra même.

Théodore accepte, projetant de se retirer à Monemvasia.

Les Hospitaliers entrent dans Kalavryta sans enthousiasme de la part de la population[37].

Lorsqu'ils entrent dans Mistra à la fin de mai 1400[39], les habitants se soulèvent.

C'est le métropolite de Mistra qui empêche le lynchage des délégués de l'ordre de Saint-Jean par la population[37].

Théodore est mis sous pression à la fois de la part de la population de Mistra et du Sultan.

Les habitants de Mistra ne l'autorisent plus à revenir dans la ville et le Sultan l'informe qu'il ne lui accordera pas son amitié

tant qu'il ne renverra pas les Chevaliers.

Un compromis est trouvé en 1404 : Théodore échange la forteresse de Salona, nouvellement acquise au détriment des Turcs,

contre Corinthe. Les Chevaliers abandonnent également Kalavryta ainsi que leurs prétentions sur Mistra[40].

En 1407, Théodore se retire dans un monastère où il meurt quelques jours plus tard.

Sa tombe se trouve dans l'église Hodegetria à Mistra[41].

On peut y lire l'inscription : « Frère du Saint Empereur, le moine Théodoret[42] ».

 

Théodore II

L'empereur Manuel dont trois fils sont devenus Despote de Morée

La succession de Théodore est préparée par l'empereur Manuel avant même le décès du despote.

  Il envoie son second fils, lui aussi prénommé Théodore, prendre le trône de Morée. Celui-ci arrive dans la péninsule au début de l'année 1408. Entre temps, la ville est administrée par le protostrator Manuel Phrangopoulos, ancien ambassadeur de Théodore Ier à Venise.

Commence à Mistra une période de paix. Dans le Péloponnèse, le prince d'Achaïe est dans une position trop précaire pour se risquer à entrer en conflit avec ses voisins. Même constat pour les Vénitiens qui cherchent à préserver leur commerce.

Mais surtout, l'émir Suleyman Bey, qui contrôle les possessions ottomanes en Europe,

est hellénophile et est marié depuis 1404 à la fille bâtarde du despote Théodore,

ce qui vaut au Péloponnèse de ne pas être attaqué par les Ottomans pendant plusieurs années.

Après le court règne de Musa (1410-1413), l'Empire ottoman voit s'installer à sa tête Mehmet Ier, avec l'aide de Manuel.

En retour, Mehmet entretient de très bonnes relations avec les Byzantins[43].

Mistra reçoit les visites de nombreux membres de la famille impériale, à commencer par l'empereur lui-même.

En mars 1415, Manuel rend visite à son fils à Mistra. Une de ses préoccupations principales est la restauration du mur défensif de l'isthme de Corinthe.

Il fait lever des impôts sur les plus riches habitants du Péloponnèse

afin de reconstruire un mur, le long de l'ancien Hexamilion,

composé de tours à intervalles réguliers, avec une forteresse à chaque extrémité.

Les nobles se soulèvent alors contre Manuel, qui les affronte et les bat près de Kalamata. En 1416, et pendant près de deux ans, le fils aîné de Manuel (le futur Jean VIII), est envoyé à Mistra afin de soutenir son frère, le jeune despote[44]. Il y revient en 1423, à l'occasion d'une étape vers Venise. Thomas Paléologue y séjourne en 1418 et s'y marie en 1430 ;

puis Andronic, autre fils de Manuel et despote de Thessalonique, après avoir cédé celle-ci aux Vénitiens,

se réfugie à Mistra.

La femme de Théodore, Cléope Malatesta, semble avoir été choisie par le pape Martin V[45].

Elle est, grâce à sa famille, en très bons termes avec Venise

et possède également des liens familiaux avec le pape.

 

Sous Théodore et Cléope, Mistra devient le centre intellectuel du monde grec[46].

Dans sa jeunesse, le despote n'avait pas été intéressé par le pouvoir et voulait se retirer dans un monastère.

C'est un intellectuel considéré comme un des plus brillants mathématiciens de son temps[45].

Cléope partage les goûts intellectuels de son époux. Tandis que l'empire byzantin s'étiole lentement,

le despotat de Mistra bouillonne[44].

Cette époque est celle de Gémiste Pléthon, qui rêve d'une résurrection de l'hellénisme dans la Grèce méridionale.

C'est à Mistra que l'hellénisme exprime sa volonté de rénover l'État byzantin.

Pléthon développe des avis pratiques sur la simplification du système fiscal et la constitution d'une force armée indigène,

afin de remplacer les mercenaires.

Le despotat apparaît comme l'asile de l'hellénisme[44].

À la mort de Mehmet Ier, les raids ottomans reprennent en Grèce. En 1423, une armée dirigée par Turakhan Bey franchit l'isthme.

Cette fois la vallée de Sparte n'est pas épargnée.

Les Turcs s'introduisent dans Mistra, la pillent avant de se retirer.

À cette époque, Théodore se désintéresse de sa femme et fait part de son ressentiment à son frère Jean, lors de son second passage dans la ville en 1423. Théodore souhaite toujours rentrer dans les ordres.

De retour à Constantinople, Jean prévoit d'installer son autre frère,

Constantin, à la tête de Mistra.

Celui-ci n'y arrive qu'en 1427 et Théodore est désormais heureux à la fois avec sa femme et en tant que despote de Morée[45]. Il accepte cependant de diviser la province en deux, offrant à Constantin la Messénie, le Magne, Vostitsa et Clarenza.

En 1430, un troisième despotat est créé, dirigé par Thomas Paléologue, dont le siège est à Kalavryta[47].

En 1432, la péninsule tout entière est aux mains des Grecs et partagée entre les trois frères, à l'exception

des quatre villes vénitiennes de Coron, Modon, Nauplie et Argos[48].

Par des échanges de terres, Thomas installe sa capitale à Clarenza et occupe tout le Sud-Ouest, Constantin possède tout le Nord, et Théodore reste dans le Sud-Est.

Bien qu'il n'ait pas d'autorité supérieure à celle de ses frères,

la capitale suprême du Péloponnèse reste Mistra.

En 1443, Théodore propose à l'empereur d'échanger à Constantin Mistra contre Sélymbria, ce qu'il accepte.

Les trente-six années de règne de Théodore sont marquées par une noblesse turbulente et une menace turque grandissante,

mais aussi par la fin de la présence latine dans le Péloponnèse.

Lorsqu'il quitte Mistra, l'agriculture et le commerce y sont florissants.

Théodore avait l'admiration des intellectuels de son époque et c'est sous son patronage que philosophie et littérature prospèrent pour la dernière fois dans l'empire byzantin[49].

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A  la mort de Jean VIII Paléologue en 1448,

l'impératrice envoie Alexius Lascaris Philanthropenus et Manuel Paléologue

à Mistra porter la couronne impériale à Constantin.

Constantin y est couronné empereur par le métropolite de Lacédémone le 6 janvier 1449.

On ne sait pas si la cérémonie s'est déroulée dans la Métropole, probablement trop exiguë pour accueillir la délégation présente, ou bien dans l'église du palais, Sainte-Sophie, encore plus petite[52].

Constantin quitte Mistra pour Constantinople le 12 mars 1449.

 

Mehmet II

La péninsule est une nouvelle fois divisée entre Thomas Paléologue et Démétrios Paléologue.

Thomas reçoit Sicyone, Patras, Kalavryta, l'Achaïe, Clarenza, la Messénie et Kalamata.

Démétrios reçoit Mistra, Corinthe, le nord de la Morée, Karytaina et le Magne[53]. Ce dernier avait à plusieurs reprises brigué la couronne impériale avec l'aide des Turcs et il ne tarde pas, en Morée aussi, à entrer en conflit avec son frère Thomas[54].

La chute de Constantinople et la mort de l'ancien despote et dernier empereur Constantin XI, affectent Mistra[55].

Des événements internes au Péloponnèse assombrissent un peu plus l'avenir des Grecs.

Déjà, l'année précédente, en 1452, la péninsule est ravagée par un nouveau raid des Turcs qui pillent les campagnes et épargnent bien souvent les villes[56].

En 1453, on assiste à un soulèvement des Albanais présents dans le Péloponnèse.

Pendant plus d'un siècle, Manuel Cantacuzène et Théodore Paléologue avaient accueilli de nombreux Albanais chrétiens, à la fois pour leurs qualités de travailleurs agricoles mais aussi comme soldats.

Ils forment d'ailleurs la majeure partie des armées des différents despotes.

Mais, malgré le temps passé, ces Albanais continuent à vivre séparés du reste de la population et ne ressentent pas, de la part de Thomas et Démétrios, le même soutien qu'avec leurs prédécesseurs.

Ils se révoltent en ayant pour chefs Asan Centurione (fils illégitime du dernier prince d'Achaïe et beau-frère de Thomas par sa sœur Catherine) dans les provinces de Thomas,

et Manuel Cantacuzène (petit-fils du despote Mathieu), appelé Ghin par les Albanais[55], dans les provinces contrôlées

par Démétrios.

L'armée de Manuel assiège rapidement Mistra.

Alerté par les despotes, et peu enthousiaste à l'idée de voir se former un État albanais dans le Péloponnèse,

le sultan envoie une nouvelle fois son armée, sans laquelle les despotes n'auraient sans doute pas pu reprendre le contrôle de la Morée[55]. Mais leur pouvoir est de plus en plus faible, en partie à cause des querelles entre les deux frères[55].

Las de celles-ci, le sultan arrive à la mi-mai 1460 à Corinthe et ordonne à Démétrios de venir le rencontrer.

Dix-huit mois plus tôt, le sultan avait demandé à Démétrios de lui offrir sa fille, ce qu'il avait refusé.

Par peur de représailles, il ne se présente pas en personne à l'entrevue

et envoie sa fille en sécurité derrière les murs de Monemvasia.

Le 29 mai 1460, sept ans jour pour jour après la chute de Constantinople, les habitants de Mistra peuvent voir l'armée turque descendre les pentes du Parnon et se diriger vers la ville[57]. Elle s'installe sous ses remparts le 30 mai.

Le sultan envoie son secrétaire grec, Thomas Katavolenos, persuader Démétrios de se rendre

sans résistance et d'abandonner son projet de fuir vers Monemvasia.

  Le 31 mai, le sultan en personne arrive à Mistra et invite le despote à sa tente.

Il lui offre un apanage en Thrace[58] en échange de la perte de la Morée, de sa fille et de sa femme,

qu'il doit livrer aux eunuques du sultan[59].

Alors qu'en 1461,

les Turcs finissent de conquérir le Péloponnèse,

un gouverneur turc est installé dans le palais des despotes[60].

 

À la fin du XIVe siècle, la majorité des Grecs vivent en territoire ottoman et de nombreux autres sont sous l'autorité des Vénitiens ou d'autres seigneurs italiens. L'empereur byzantin ne règne plus que sur un domaine diminué.

Cependant, Constantinople continue à attirer les intellectuels de l'Empire,

qu'ils soient théologiens, historiens ou scientifiques.

De plus, elle accueille aussi de nombreux Italiens, attirés par l'étude du grec ancien[61].

Jusqu'à la révolution des Zélotes au milieu du XIVe siècle, Thessalonique est également réputée pour son érudition.

Plus à l'est, l'Empire de Trébizonde possède ses propres écoles réputées dans l'étude des mathématiques et de l'astronomie,

bien que de nombreux érudits s'installent à Constantinople.

À la fin du XIVe siècle, Mistra devient une capitale culturelle.

Déjà, l'action et l'influence de certains personnages,

dont l'abbé Pacôme, avaient permis de faire venir de Constantinople des artistes

afin de réaliser les monuments religieux de la ville.

Avec l'obtention du rang de capitale du Péloponnèse, Mistra attire l'attention des intellectuels byzantins[62].

Au milieu du XIVe siècle, le théologien Démétrius Cydones, secrétaire, premier ministre et ami de Jean VI s'y établit.

Il y introduit les textes de Saint Thomas d'Aquin[62].

La présence de despotes eux-mêmes érudits, tels que Manuel et Mathieu Cantacuzène,

facilite également l'implantation d'intellectuels dans la ville.

Les fréquentes visites de leur père, l'empereur Jean VI, considéré comme un des plus grands érudits de son temps, ajoutent au prestige de la ville.

Si la majeure partie des textes copiés en Morée jusqu'au XIVe siècle ne sont que des textes religieux, théologiques, liturgiques, et quelques traités de médecine et de lois,

l'installation d'une nouvelle aristocratie venue de Constantinople permet

l'introduction d'œuvres classiques telles que les Vies parallèles de Plutarque,

qu'un noble Thessalonicien arrivé à Mistra en même temps que le despote Mathieu, Démétrios Casandeno,

se fait copier en 1362, l'Anabase d'Arrien (1370), Hérodote (1372),

et des auteurs contemporains tels que Nicéphore Grégoras, qui maintient une relation épistolaire

avec Manuel et Démétrios[62].

Jean Bessarion, grande figure intellectuelle du XVe siècle, passe plusieurs années à Mistra

Cependant, ce qui confère à Mistra une renommée internationale

parmi les érudits est la venue, au début du XVe siècle, du philosophe Gémiste Pléthon.

Pléthon, dont les idées déplaisent à l'Église, est invité à quitter Constantinople.

Il s'établit à Mistra vers 1407, sur suggestion de son ami l'empereur Manuel.

C'est à la même période que débute le despotat de Théodore II, le plus érudit des fils de Manuel.

Pléthon, adepte de Platon, désapprouve la constitution démocratique de l'Athènes antique.

Adepte de Lycurgue, il préfère la discipline spartiate et peut désormais vivre

et enseigner tout près de la cité de Lycurgue.

Excepté en 1438-1439, Pléthon passe le reste de sa vie à Mistra, y est membre du Sénat et magistrat. Il y meurt le 26 juin 1452, à l'âge de 90 ans[63].

Pléthon estime que le despote devrait avoir les pleins pouvoirs, tout en étant entouré d'un conseil d'hommes issus de tous les rangs de la société et choisis pour leur modération et leur dévouement.

Pléthon préconise une division de la société en deux classes :

les soldats et les payeurs de taxes (marchands, fermiers et paysans), pour supporter le coût de l'armée.

Pléthon s'exprime également sur l'esclavage et estime que le despote et ses ministres ne devraient avoir qu'un nombre limité d'ilotes[64].

La présence de Gémiste Pléthon à Mistra attire d'autres intellectuels.

Dès 1409, un jeune ecclésiastique du nom d'Isidore est choisi pour réciter l'éloge funèbre en l'honneur de Théodore Ier.

Élève de Pléthon jusqu'en 1413, il devient par la suite métropolite de Monemvasie,

puis métropolite de Kiev et chef de l'Église russe, puis patriarche latin de Constantinople[62].

George Scholarius se rend à Mistra à plusieurs reprises au cours des années 1430.

L'élève le plus célèbre de Pléthon est peut-être Jean Bessarion, qui arrive à Mistra en 1431 et y passe six années.

Après son passage en Italie (1438-1439), des intellectuels italiens séjournent à Mistra.

C'est le cas de Cyriaque d'Ancône, qui y séjourne à deux reprises.

Les auteurs contemporains, tels que Grégoras, Doukas, Critoboulos d'Imbros, George Sphrantzès et Laonicos Chalcondyles,

sont conscients de l'importance stratégique du Péloponnèse pour l'Empire.

Aussi décrivent-ils, dans leurs récits historiques, les événements qui s'y déroulent.

L'historien George Sphrantzès se rend à Mistra en 1446 et y est même nommé gouverneur[62].

 

Suite !!

 

 

 

 

 

 


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