Constantin

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Statue de Constantin à York, dans la ville où il est proclamé empereur par les soldats francs de l'armée de Bretagne en juillet 306

Or, entre temps, il avait fait rappeler son fils, Constantin, auprès de lui et semble lui avoir, sur son lit de mort, transmis le pouvoir aux dépens de son César, Sévère[20]. Toujours est-il qu'à la mort de son père et protecteur, Constantin est acclamé empereur par les troupes, principalement franques réunies à Eboracum[20]. Galère, cette fois maître incontestable l'Empire, devient du même coup garant de la pérennité du système. Soucieux de légitimer son usurpation, Constantin lui envoie aussitôt une lettre réaffirmant sa loyauté envers les tétrarques et certifiant qu'il ne s'était résolu à usurper la pourpre que sur la pression des soldats de son père. Galère, qui sait combien les armées de Gaule et de Bretagne sont fidèles au fils de Constance Chlore, préfère éviter la guerre civile. Ravalant sa colère, il accorde à Constantin le rang de César, ce que le principal intéressé accepte, tandis que Sévère est élevé à l'Augustat[21].

Profitant de l'impopularité du nouvel Auguste d'Occident, chargé de préparer la mise en place de ces futures taxes, Maxence se fait reconnaître empereur par les cohortes prétoriennes, le 28 octobre 306[22]. Les proches de Sévère sont poursuivi et exécutés, à l'image du préfet de la ville, Abellius, tandis que le Sénat de Rome fait de Maxence le protecteur et le restaurateur des anciennes libertés[23]. Souhaitant, là encore se concilier, Galère, Maxence lui écrit, avec les mêmes arguments que Constantin, pour lui demander la pourpre. Désireux de manifester la plus grande humilité, il avait d'ailleurs refusé du Sénat les titres de César ou d'Auguste pour se contenter de celui de Princeps, afin de ne pas donner l'impression de forcer la main de l'empereur principal[24].

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Sévère, César de Constance Chlore de 305 à 306 puis Auguste en Occident de 306 à 307

 

 Cette solution ne satisfait cependant pas deux des principaux intéressés. Constantin, César en Occident, avait en effet l'espoir que Galère lui reconnaîtrait ce nouveau titre d'Auguste que Maximien lui a accordé. Dans le même temps, Maximin Daïa, César en Orient, refuse d'accepter que Licinius tout juste nommé Auguste lui soit hiérarchiquement supérieur. Rejetant l'apaisement prôné par Galère, il finit par exiger l'Augustat pour lui et Constantin afin de parer à cette injustice[

Constantin fait de plus en plus figure d'homme fort du régime. Son élévation à l'Augustat ainsi que celle de Maximin Daïa consacre bel et bien un système tétrarchique puisqu'il y a toujours quatre empereurs légitimes mais les relations hiérarchiques entre les différents tétrarques sont de moins en moins claires. Si Galère est toujours théoriquement l'empereur principal[Note 9], dans les faits, chaque empereur dirige son territoire plus ou moins indépendamment[28]

Dès sa fondation, la Tétrarchie, symbolisant l'unité et la stabilité retrouvée, est étroitement associée à la religion païenne. Les empereurs sont divinisés : Dioclétien prend pour protecteur Jupiter, Conservator de l'État romain, tandis que Maximien est apparenté à Hercule, le fils de Jupiter[31]. Cette place importante occupée par la religion romaine traditionnelle pose de fait rapidement la question de l'attitude à adopter vis-à-vis d'un christianisme en plein développement. Après plusieurs années de tergiversation, Dioclétien se décide finalement à combattre la religion du Christ et fait publier plusieurs édits impériaux signant la dernière grande persécution de l'Empire romain[Note 10]. Du 24 février 303 au début de l'année 304, quatre édits de plus en plus sévères sont rédigés aux noms de Dioclétien, Maximien, Constance et Galère. Conformément à ces décisions, des églises sont détruites, les Livres saints confisqués, le clergé arrêté, enfin tous ceux qui refusent de sacrifier aux dieux de l'Empire sont torturés, condamnés à mort ou déportés dans les mines[32].

L'influence de Galère n'a pu pleinement jouer que pour le dernier des quatre édits, celui qui oblige sous peine de mort tous les chrétiens à sacrifier aux dieux de l'Empire, qui est publié au début de l'année 304, alors que Dioclétien est terrassé par la maladie. Néanmoins, ce dernier édit, certes plus radical, ne s'inscrit pas moins dans la continuité des précédents textes et est d'abord et avant tout le résultat de la volonté de Dioclétien[33]

Ainsi, le 30 avril 311, il publie, à Nicomédie, un édit de tolérance reconnaissant l'existence de la religion chrétienne. Cet édit[Note 13], dit de Sardique, met fin à toutes les mesures antichrétiennes encore en vigueur sur le territoire de l'Empire. Publié par Galère sans consultation de ses pairs, il est promulgué non seulement en son nom propre mais encore en celui de ses trois collègues tétrarques – à savoir Constantin, Licinius et Maximin Daïa. Allant plus loin que la « petite paix de l'Église », accordée par Gallien à la fin de la persécution de Valérien en 260[Note 14], et durant laquelle étaient tolérées la pratique de la religion chrétienne et la construction de lieux de culte, Galère va cette fois jusqu'à donner une forme de légitimité au christianisme, puisqu'il demande humblement à ses fidèles de prier pour lui et pour le salut de l'Empire[37],[Note 15]. Aussitôt après la publication de ce texte, tous les chrétiens emprisonnés sont libérés[36]. Si les mesures de persécution avaient déjà été abandonnées dans les faits en Occident, elles cessent en Orient, dans le territoire sous le contrôle de Galère. Maximin Daïa, qui est très réticent vis-à-vis de cette nouvelle politique, s'y oppose[38]. Profitant du retrait de son ancien maître Galère, il maintient en vigueur les édits de Dioclétien.

Durant l'hiver 310, alors qu'il prépare la célébration de ses vicennalia, Galère est en effet frappé par la maladie[39]. Le polémiste chrétien Lactance décrit, dans son De Mortibus Persecutorum, l'apparition d'un abcès, touchant les parties génitales de l'empereur. Des complications – le développement de la gangrène – auraient, selon lui, plongé Galère dans de terribles souffrances[40]. Se basant sur son texte, des études modernes tendent à prouver qu'il s'agit sans doute là d'une forme de cancer du pénis[41]. Selon certains historiens[39], alors qu'il sombrait dans les affres de la maladie, Galère aurait fini par croire qu'il subissait la vengeance du Dieu des chrétiens, ce qui expliquait également son revirement quant à la politique religieuse.

Désireux de mourir dans son lieu de naissance, à Felix Romuliana[37] où il s'est fait construire une résidence fortifiée sur le modèle du palais de Dioclétien de Spalatum, Galère, confronté à une nouvelle poussée de la maladie, n'arrive pas vivant à destination. Au terme d'une longue agonie, le cancer vient finalement à bout du maître de l'Empire. Galère meurt dans la province de Dardanie, au début du mois de mai 311, quelques jours seulement après la promulgation de son édit de tolérance[37]. Son corps est inhumé dans son palais de Felix Romuliana, en présence de l'empereur Licinius[41].

 

 

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