Rosaire Rome catholique

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Rosaire

La Vierge de la fête du rosaire par Dürer (Galerie nationale de Prague)

Le rosaire est le nom d'une prière catholique composée de quatre chapelets d'oraisons. Consacré à Marie, mère de Jésus de Nazareth, il tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées.

Historique et étymologie

Selon la tradition, dont la vérité historique reste à démontrer, c'est saint Dominique qui aurait reçu le Rosaire des mains de la Vierge Marie. De manière plus historique, la dévotion au Rosaire est constatée à partir du XIIIe siècle, les Frères convers et les religieuses ne sachant pas lire ni écrire prirent l'habitude de témoigner de leur dévotion en récitant trois groupes de Pater et d' Ave comme dans les Psaumes. « Le rosaire, c'est la liturgie du pauvre » a écrit Sylvie Germain dans "Songes du Temps". Saluer Marie 50 fois, c'était lui offrir une couronne de fleurs, c'est-à-dire à l'époque un "petit chapeau", un "chapelet". Le mot "rosaire" quant à lui désignait au Moyen Âge une collection de textes sacrés.

Le pape Pie V institue la fête de Notre-Dame-du-Rosaire en actions de grâces après la victoire de Lépante sur les Turcs Ottomans le 7 octobre 1571.

 

Les Louanges de la Vierge

Le rosaire vient du « Psautier de la Vierge Marie » (Alain de la Roche) qui est un recueil de Psaumes[1]. Sa lecture est remplacée pour les âmes simples au cours du Moyen Âge par la récitation de cent-cinquante Ave Maria. Comme le dit saint Bernard: « Il n'est pas de doute que toutes les louanges que nous adressons à la Mère de Dieu ne s'appliquent aussi bien à son Fils ; et réciproquement, lorsque nous rendons hommage au Fils, nous ne perdons pas de vue la gloire de la Mère. Si, d'après Salomon : "un fils sage est la gloire de son père" (Pr,10,1), il est plus glorieux encore d'être la mère de la Sagesse »[2]. Saint Bonaventure a aussi écrit des Louanges de la Vierge et un Psautier (petit et grand psautier) c'est-à-dire un Livre des Heures qui est également un recueil de louanges adressées à la Vierge ; mais ce n'était pas encore le rosaire , destiné à remplacer la lecture du psautier de cent-cinquante Psaumes ou des cent-cinquante Pater Noster par cent-cinquante Ave Maria. Saint Bernard a aussi écrit des sermons sur les Mystères qui peuvent être à l'origine de la méditation des Mystères du Rosaire[3]. Les Louanges de la Vierge sont aussi contenues dans les Litanies de Lorette, celle de la Rose Mystique, Rosa Mystica est très connue : mais ce mot de Rosarium (Champ de roses) était déjà utilisé au XVe siècle ; toujours est-il qu'entre les fleurs, c'est la rose vermeille , Reine des Fleurs qui a donné son nom au Rosaire[4].

 

Le rosaire est diffusé et popularisé en Europe après les premières croisades dès le XIIe siècle par saint Dominique, auquel l'hagiographie traditionnelle attribue son invention[5]. Ainsi l'ordre des Prêcheurs (ou dominicains) répandit-il son usage qui consiste en un exercice de méditation simple sur les épisodes importants de la vie de Jésus-Christ au travers du regard marial.

La pratique du rosaire a été très populaire au point qu'une fête Notre-Dame du Rosaire a été instaurée le 7 octobre dans le calendrier liturgique catholique à l'initiative du pape dominicain Pie V en 1571, au lendemain de la bataille de Lépante, avant que le mois d'octobre entier ne lui soit ensuite consacré en 1886 par Léon XIII[6].

Le chapelet catholique

Schéma du chapelet catholique.

Le chapelet utilisé est un collier composé de cinq dizaines de petits grains appelés Ave, précédées chacune d'un grain plus gros appelé Pater. Partant de l'un des grains plus gros, une branche terminale comporte trois petits grains (Ave), un gros (Pater) et un crucifix. Les appellations Ave et Pater correspondent au premier mot de la version latine des prières récitées.

Les prières récitées dans un chapelet sont :

  • Sur la croix : le Credo.
  • Sur les gros grains : le Pater.
  • Sur les petits grains : le Je vous salue Marie (Ave Maria).
  • À la fin d'une dizaine : le Gloria Patri (Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen.) : Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Un rosaire de quinze dizaines consiste à dire trois chapelets, un chapelet consiste en cinq dizaines, et une dizaine consiste en un Pater, dix Ave et un Gloria.

Approche spirituelle du rosaire

Le rosaire est avant tout une école d'oraison et de contemplation, ce qui implique qu'il soit pratiqué régulièrement. La manière de le réciter a été décrite par Louis-Marie Grignion de Montfort dans Le Secret admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver. « Il faut que la personne qui récite le saint Rosaire soit en état de grâce ou du moins dans la résolution de sortir de son péché, parce que toute la théologie nous enseigne que les bonnes oeuvres et les prières faites en péché mortel, sont des oeuvres mortes » (§117).

« La confrérie du Rosaire ordinaire n'exige qu'on le récite qu'une fois par semaine. Celle du Rosaire perpétuel qu'une fois par an, mais celle du Rosaire quotidien demande qu'on le dise tous les jours tout entier, c'est-à-dire 150 Ave Maria » (§21).

Quatrième mystère douloureux, « Le portement de la croix » dans l'« Allée du Rosaire » sculptée fin XIXe siècle par Michel Cosme au sanctuaire de Warre/Tohogne

Le rosaire ne se réduit pas à la récitation, ce que Grignon de Montfort appelle l'oraison vocale (§9). Le rosaire doit éviter toute distraction volontaire (mais « Vous ne pouvez pas, à la vérité, réciter votre Rosaire sans avoir quelques distractions involontaires » - 120) et s'accompagner d'une oraison mentale:

« Le Rosaire renferme deux choses, savoir: l'oraison mentale et l'oraison vocale. L'oraison mentale du saint Rosaire n'est autre que la méditation des principaux mystères de la vie, de la mort et de la gloire de Jésus-Christ et de sa très sainte Mère. L'oraison vocale du Rosaire consiste à dire quinze dizaines d'Ave Maria précédées par un Pater pendant qu'on médite et qu'on contemple les quinze vertus principales que Jésus et Marie ont pratiquées dans les quinze mystères du saint Rosaire. »

Chaque mystère est une source de méditation possible : « Saint Dominique a partagé la vie de Jésus-Christ et de la sainte Vierge en quinze mystères, qui nous représentent leurs vertus et leurs principales actions comme quinze tableaux dont les traits doivent nous servir de règle et d'exemple pour la conduite de notre vie. » (61) C'est la méditation et la contemplation des mystères qui apportent les fruits du rosaire: « Cette méditation des mystères de la vie et de la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ est, pour tous ceux qui en font usage, la source des fruits les plus merveilleux. » (75)

Pour Grignon de Montfort, la prière commence par une invocation silencieuse au Saint-Esprit (§126), puis la contemplation du mystère et la demande de son fruit :

« Après avoir invoqué le Saint-Esprit, pour bien réciter votre Rosaire, mettez-vous un moment en la présence de Dieu et faites les offrandes des dizaines, comme vous verrez ci-après. Avant de commencer la dizaine, arrêtez-vous un moment, plus ou moins, selon votre loisir, pour considérer le mystère que vous célébrez par la dizaine et demandez toujours, par ce mystère et l'intercession de la sainte Vierge, une des vertus qui éclatent le plus dans ce mystère ou dont vous aurez le plus de besoin. »

 

Manière de réciter un chapelet ou le rosaire

En ouverture, on récite sur la croix le Credo, puis en suivant les grains de l'appendice : un Pater, trois Ave Maria, et enfin un Gloria Patri. On arrive alors sur le grain du Pater qui fait la fermeture du collier.

Avant chaque dizaine, on médite un court instant sur le mystère qui va être prié. On peut s'aider pour prier de la formule inspirée de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort :

« Nous vous offrons, Seigneur Jésus, cette (première) dizaine, en l'honneur de (l'annonciation), et nous vous demandons, par ce mystère et par l'intercession de votre Très Sainte Mère, la grâce (de l'humilité). »

On récite ensuite la dizaine : un Pater, dix Ave Maria, et un Gloria Patri en conclusion. À la fin de la dizaine, on peut ajouter avant une courte pause de méditation :

« Grâce de (l'Annonciation), descendez en nos âmes. »

Puis on passe à la dizaine suivante.

On se contente souvent de nos jours d'une seule série de cinq mystères, ce qui représente un tour de chapelet, et de l'ordre de vingt minutes de prière. Le rosaire comprenait traditionnellement trois séries de mystères, soit trois tours de chapelets et une heure de prière ; mais il a été étendu à quatre séries de mystères par le pape Jean-Paul II, qui y a ajouté les mystères lumineux (et donc vingt minutes de prières supplémentaires).

À la fin du rosaire, on conclut par une prière mariale qui peut par exemple être le Salve Regina.

Les mystères du rosaire et leurs fruits

Un chapelet

Le rosaire ne se limite pas à la récitation des prières qui le composent. En récitant chaque dizaine du rosaire, il convient de méditer sur un mystère (soit de la vie de Jésus, soit de celle de Marie). Comme l'a souligné le pape Jean-Paul II, l'objectif du rosaire est avant tout de « contempler avec Marie le visage du Christ ». Cette contemplation fait appel à l'imagination, ce qu'Ignace de Loyola appelle une « composition de lieu » : il s'agit de reconstituer dans son imagination et de voir en esprit tel ou tel évènement de la vie de Jésus de Nazareth. Chaque dizaine est l'occasion de méditer un mystère particulier, pour prier d'en obtenir le fruit spirituel.

On reconnait traditionnellement quinze mystères divisés en trois catégories : les mystères joyeux, les mystères douloureux, et les mystères glorieux. Chaque catégorie comprend cinq mystères, correspondant aux cinq dizaines du chapelet. Ceci permet de réciter une fois en entier le chapelet pour chaque catégorie de mystère, et trois fois le chapelet pour faire tous les mystères - soit un rosaire entier, composé de 15 dizaines, ou 150 prières (150 étant le nombre des psaumes).

On recommande aux fidèles de prier chaque jour une fois le chapelet : soit un tiers du rosaire. A chaque catégorie de mystère sont associés deux jours de la semaine, le dimanche faisant exception. En six jours on prierait deux fois le rosaire, et le dimanche, on prierait encore une catégorie de mystère, suivant le calendrier. D'ailleurs, les autres jours de méditation peuvent aussi être modifiés en fonction du calendrier (par exemple, méditer les mystères glorieux les jours de fête et les mystère joyeux la veille).

Le pape Jean-Paul II a proposé une nouvelle catégorie de mystère, appelée « mystères lumineux », pour faciliter l'accord œcuménique. Les mystères lumineux consistent en des épisodes de la vie évangélique de Jésus en vue d'intégrer les préoccupations des églises réformées Protestants qui voient dans les mystères traditionnels un accent trop marqué sur la naissance ou la Passion du Christ à l'exclusion de son message. L'Église catholique recommande de prier les mystères lumineux le Jeudi.

La clausule

Insérée dans le Je vous salue Marie, entre « Jésus » et « le fruit de vos entrailles », on peut réciter une clausule.

« La clausule, qui s'harmonise bien avec le caractère répétitif et méditatif du Rosaire, est constituée de quelques mots qui suivent le nom de Jésus, et ont un rapport avec le mystère énoncé. Une clausule appropriée, permanente pour chaque dizaine, brève dans son énoncé et fidèle à la Sainte Écriture et à la Liturgie, peut constituer une aide de qualité en vue de la prière éditée du saint Rosaire. »[7]

Des clausules et les grâces associées à chaque mystère sont données dans les articles détaillés (cités ci-dessus).

 

 

Suite !!

 

 

 

 

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