Saint Théodores - DOUBLE MURAILLE DE CONSTANTINOPLE DITE DE THEODOSE

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mistra

 

Édifices religieux

Métropole

Vue d'ensemble de la métropole

L'ensemble des bâtiments qui forment la métropole se situe le long de la paroi intérieure de l'enceinte de la ville basse.

Deux entrées mènent à l'intérieur de l'édifice : la première et la plus ancienne mène au gynaikonitis, ou galerie des femmes ;

une autre se situe dans la rue qui longe le bâtiment sur sa façade sud.

Une inscription qui dédie l'édifice à Nicéphore,

proèdre de Crète et métropolite de Lacédémone, permet de dater le bâtiment de 1291-1292.

Une autre inscription, sur le linteau de l'entrée principale, invite le lecteur à se souvenir de Nicéphore, fondateur de l'église.

  Un troisième rappel de l'œuvre du métropolite est gravé dans la première colonne à droite en entrant dans l'édifice et daterait de 1311-1312[114].

Cette inscription précise que Nicéphore est le fondateur de l'église, qu'il restaura des moulins à Magoula,

fit planter des oliviers et acheta les maisons près de l'église qui appartenaient

à un certain Eugène le Chartophylax (plus tard évêque d'Amyclée).

L'inscription s'achève sur une mise en garde envers quiconque chercherait

à s'approprier les biens de l'église au risque

de s'attirer les foudres des 318 Pères et de Nicéphore lui-même[114].

Nicéphore serait Nicéphore Moschopoulos, métropolite de Crète,

 puis de Lacédémone vers 1286-1289 jusqu'en 1315[115].

Cependant, Nicéphore n'est sans doute pas le fondateur des tout premiers bâtiments et n'aurait fait construire lui-même que le narthex. L'église aurait été fondée par Eugène, évoqué précédemment, entre 1263 et 1272[116] ;

les peintures semblent relatives à un autre évêque, Théo dore,

et dateraient de 1272 environ[115].

Façade est de l'édifice et beffroi. On peut remarquer les différences de style entre l'ancienne basilique (partie basse du bâtiment) et les rajouts du XVe siècle (partie haute).

La métropole est un mélange de deux types architecturaux[117] : un plan basilical et un plan en croix avec dômes.

L'église fondée par Nicéphore est de type basilical. Cette basilique, dédiée à Saint Dimitri[117],

est divisée en trois nefs par deux rangées de trois colonnes, la nef centrale étant beaucoup plus haute que les deux autres.

Au XVe siècle, Mathieu, évêque de Lacédémone,

adopte pour la métropole le plan de la Pantanassa ou de l'Hodegetria,

et fait enlever le toit pour y ajouter un étage et cinq dômes.

L'édifice conserve son plan basilical au premier niveau et est doté d'un plan en croix à l'étage.

Cette combinaison, inhabituelle dans l'art byzantin,

est présente à deux reprises à Mistra : dans la métropole et l'Hodegetria[115].

Cependant, concernant la métropole, ces modifications architecturales ne sont pas sans impact

sur les fresques qui composent le premier niveau[117].

Le toit ayant été enlevé, les personnages de la vie du Christ dépeints sur les murs sont décapités.

Mathieu a laissé une trace de ses modifications sur la corniche ouest où l'on peut lire

Mathieu, évêque de Lacédémone, fondateur.

Depuis l'extérieur du bâtiment, on peut voir les différences de style, en particulier sur la façade est, dont les absides datent de la première période.

Le style est caractéristique de l'école helladique, à partir de la seconde moitié du Xe siècle,

avec ses pierres entourées par une rangée de briques, et est même considéré comme un de ses plus beaux exemples.

Au contraire, les ajouts du XVe siècle montrent l'influence de Constantinople[118].

En 1754, une cour fut ajoutée au nord de l'édifice par l'évêque Ananias, le même qui fut tué par les Turcs en 1760 devant l'église[118].

Concernant les sculptures, il est difficile de repérer une unité de style ou d'époque,

la plupart des sculptures provenant d'ailleurs et simplement réemployées ici.

Ainsi, les quatre chapiteaux de colonnes les plus à l'ouest sont du début de l'ère chrétienne, avec des motifs floraux[116], alors que les deux autres colonnes ne sont que des imitations plus tardives.

Sur le mur externe sud, une frise comporte des éléments

de périodes et de styles différents semblant provenir, au moins en partie,

de l'ancienne église de Sparte[118].

Les peintures datant des dernières décennies du XIIIe siècle à la première moitié du XIVe siècle sont, quant à elles,

riches en techniques et styles artistiques.

Il semble qu'il n'y ait pas eu de programme établi par avance concernant les différentes fresques[119].

La métropole étant dédiée à Saint Di mitri,

  la plus grande partie de l'aile nord dépeint la vie et le martyre du saint.

Ces fresques montrent l'influence de l'école byzantine,

alors que les fresques de l'aile droite utilisent plutôt les techniques du XIVe siècle de l'école macédonienne[117].

 

Brontochion

Au nord de la ville basse se trouvent

les deux plus grandes églises de Mistra :

Saints-Théo dores et l'Hodegetria ou Aphendiko.

 La fondation des deux est liée à l'abbé Pacôme qui fut successivement

abbé des Saints-Théodores,

de l'Hodegetria,

puis protosyncelle du Péloponnèse.

Commentaires personnels :

Théo = Dieu et DORES = présent, cadeau, offrande à Dieu????

Les Doriens pourraient être ceux-ci.

Hodegetria étant la Marie Conductrice. 

Protosyncelle : Premier SYN ????

SYNAGOGUE ????

SAINT SYNODE ??????

Saint DIODORES  DIO = DIAS, une déclinaison DORES = OFFRANDE, CADEAU, présent, consacré??????

Théodose est un prénom d'origine grecque. Le nom grec est Θεοδόσιος (Theodosios),

le nom latin Theodosius. Il s'agit le plus souvent de la version féminine de "Théodore".

Théodose est aussi un patronyme.

Saints des Églises chrétiennes

Par ordre chronologique du décés avéré ou présumé :

Et aussi :

Religieux

Empereurs romains

Savants

Les murailles de Constantinople sont les fortifications qui entouraient la cité gréco-romaine de Constantinople, capitale de l’empire byzantin (aujourd’hui Istanbul en Turquie).

La muraille initialement construite par Constantin le Grand était une véritable enceinte entourant la nouvelle capitale de tous côtés, la protégeant contre les attaques venant de la mer ou de la terre.

Au cours du Ve siècle, la ville s'étant étendue, on construisit une double muraille dite « de Théodose »,

qui barre encore la ville de nos jours.

Ces défenses rendirent la ville presque inexpugnable durant le Moyen Âge, la sauvant à de nombreuses reprises au cours des sièges successifs des Avars, Arabes, Rus et Bulgares, entre autres ; le seul siège réussi de la période médiévale eut lieu pendant la quatrième croisade.

L'avènement de la poudre à canon fut un des facteurs qui conduisit à la chute de Constantinople, le 29 mai 1453, après un long siège.

Les murs furent en grande partie maintenus en état pendant la majeure partie de la période ottomane, jusqu'au démantèlement de certaines sections, à partir du XIXe siècle, lorsque la ville eut dépassé ses limites médiévales. Malgré l'absence d'entretien, de nombreuses parties des murs ont survécu et sont encore debout aujourd'hui. Un programme de restauration de grande ampleur est en cours depuis les années 1980, donnant au visiteur l'idée de leur aspect d'origine.


La première mention des Saints-Théodores se trouve dans un manuscrit de 1296,

ce qui laisse penser que la construction date de 1290-1295.

L'église est à nouveau mentionnée dans deux décrets impériaux dont le plus récent date de 1322[120].

On ne trouve pas d'autre mention des Saints-Théodores.

En revanche, on trouve plusieurs mentions de l'Hodegetria dont

la première figure dans un manuscrit de 1311-1312 désormais à Moscou,

puis quatre mentions de l'Hodegetria et de Pacôme dans des décrets de 1313, 1318, 1320 et 1322,

ce qui montre l'importance grandissante de cette église.

Ces décrets accordent aux monastères des domaines, des fermes, des villages

et une franchise de taxes[120].

Ces conditions permettent de comprendre comment, en une vingtaine d'années,

ces deux monastères deviennent les plus beaux de Mistra.

Ces deux églises, quelques ruines et des parties de murs sont tout ce qui reste d'un ensemble de bâtiments qui formaient le grand monastère du Brontochion.

Près de l'Hodegetria, on peut trouver au sud les ruines d'un long bâtiment de deux étages,

sans doute le réfectoire, puis à l'ouest, deux rangées de cellules monastiques,

enfin une tour de guet au nord[121].

Le fait que l'on n'ait retrouvé des bâtiments fonctionnels qu'autour de l'Hodegetria

et seulement des sépultures autour des Saints-Théodores laisse penser que

l'Hodegetria était le bâtiment principal et

que l'église des Saints-Théodores fut reléguée au rang d'église du cimetière des moines[122],[120].

 

Saints-Théodores

Façade est des Saints-Théodores. On peut apercevoir les lignes horizontales formées par les briques sur la façade afin de réduire la masse du dôme, imposante visuellement.

Saints-Théodores est une église en croix grecque à dôme octogonal,

de sorte que le dôme ne repose pas sur quatre arches comme il est de coutume en architecture byzantine,

mais sur huit, qui décrivent un octogone[120].

Ce type de construction, certainement originaire de Constantinople,

est fréquent en Grèce dès le XIe siècle, comme à Hosios Loukas, Daphni ou Lykodémou.

Au XIIIe siècle, Sainte-Sophie de Monemvasia

est construite sur le même modèle

et sert sûrement elle-même de modèle pour Saints-Théodores[123].

L'église des Saints-Théo dores

est la dernière connue construite sur ce modèle.

Le dôme, imposant avec sa coupole et ses seize fenêtres, écraserait de sa masse l'ensemble du bâtiment si une technique inédite n'avait été expérimentée.

La façade est, comportant trois absides, fut divisée en cinq zones formées des bandes horizontales entre le bas des fenêtres et le haut du bâtiment, afin de mettre en avant les lignes horizontales de l'édifice.

Enfin, des toits qui montent, par étapes, du corps de l'église vers le dôme finissent d'amoindrir la masse imposante du dôme[124].

Hodégétria (Aphendiko)
Église de l'Hodégétria
Saint Grégoire d'Arménie, église de l'Hodégétria
Fresque des martyrs, église de l'Hodégétria

L'édifice fut assez bien préservé jusqu'à la fin du XIXe siècle. Vers 1863, la plupart des colonnes furent enlevées, causant l'effondrement du dôme et d'une partie des voûtes. Une restauration fut entreprise à partir de 1938 par Anastassios Orlandos[125].

Le premier niveau est une basilique, divisée en trois nefs par deux rangées de trois colonnes, alors que l'étage est une église en croix surmontée de cinq coupoles, chacune supportée par quatre colonnes. Ce système est supporté par les colonnades du rez-de-chaussée et de légers contreforts sur les façades extérieures du bâtiment[125].

Construite juste après la métropole et Saints-Théodores, l'Hodégétria est dotée d'éléments artistiques provenant de Constantinople et influence par la suite, à son tour, des constructions plus récentes[126] tels que Sainte-Sophie et la Pantanassa, ou encore les travaux de Mathieu dans la métropole, puis d'autres églises locales autres qu'à Mistra[127].

Dans une chapelle au nord du narthex, on trouve la tombe du despote Théodore Ier entourée de deux fresques le représentant en tant que despote puis comme moine[128]. La tombe de l'abbé Pacôme se trouve également dans cette église, sur la gauche de l'entrée[128].

Les décrets datant de 1313 à 1322, dans lesquels est mentionnée Mistra, sont repris en peinture dans une chapelle au sud du narthex[121]. Les quatre murs sont couverts de haut en bas des copies des chrysobulles de l'empereur allouant au monastère de larges privilèges[128]. De nombreuses fresques nous sont parvenues en assez bon état, comme les représentations d'évêques ou de prophètes ou bien les scènes de la vie du Christ[128]. Elles dénotent, par leur style, une certaine indépendance vis-à-vis de l'art byzantin de l'époque, et sont peut-être soumises à une certaine influence de l'art franc[121].

Évangélistria

L'église de l'Évangélistria

L'Évangélistria est la seule église de Mistra pour laquelle on ne possède aucune information concernant son fondateur ou son restaurateur. Il semble cependant que les Turcs ne l'aient jamais transformée en mosquée, d'après des graffitis que l'on peut voir sur ses murs. On peut ainsi lire, « Nikiephoros, prêtre-moine d'Athènes, 1633 », ou encore, datant de 1711, « Grigorios, prêtre-moine, prit l'Ach... ». Sur le mur nord, une inscription du XVe siècle comporte le nom Sphrantzès, mais rien n'indique qu'il s'agisse de l'historien Georges Sphrantzès[129].

L'Évangélistria est une église construite avec un plan en croix comparable à ceux de la Péribleptos ou de Sainte-Sophie, bien que de taille inférieure. Les sculptures intérieures y sont remarquables par leur unité de style, ce qui fait penser qu'elles ont été spécialement dessinées pour cette église[130]. Seul le style des sculptures permet une éventuelle datation de l'édifice : probablement de la fin du XIVe siècle ou début du XVe siècle[130].

Sainte-Sophie

Église Sainte-Sophie, façade nord avec sa colonnade et sa tour.

L'église Sainte-Sophie (Aghia Sophia, en grec Αγία Σοφία) fut construite par Manuel Cantacuzène, le premier despote de Morée, afin de lui rappeler la capitale de l'empire et sa grande église Sainte-Sophie de Constantinople[131]. Sur le chapiteau d'un des piliers, à l'intérieur de l'édifice, on peut voir un monogramme identifiant Manuel, ainsi que l'aigle bicéphale byzantin[132]. Elle est parfois identifiée comme l'église du Christ zoodite (dispensateur de vie), fondée par Manuel. Un décret patriarcal de 1365 permet sa transformation en catholicon d'un monastère. Ainsi, on peut dater sa construction entre 1351 et 1365[133]. L'église Sainte-Sophie aurait été le lieu de sépulture d'au moins deux membres de la famille impériale : Théodora Tocco, l'épouse de Constantin Paléologue, enterrée en 1429[131],[133], et Cléope Malatesta, l'épouse du despote Théodore, vers 1433[133]. Leurs tombes, de petite taille, se situaient sans doute à l'extérieur du bâtiment[132].

L'archéologue Anastassios Orlandos restaura cet édifice, alors dans un état de délabrement avancé, faisant reconstruire entre autres le dôme et la colonnade nord[133].

Église Sainte-Sophie, façade ouest. On devine la cour formée autrefois par la colonnade désormais disparue.

Sur le plan architectural, Sainte-Sophie possède, tout comme la Péribleptos, un plan en croix grecque inscrite simple, un large narthex et un dôme central relativement bas, de sorte qu'il domine l'ensemble du bâtiment[131]. Sainte-Sophie se distingue par ses proportions, hautes et étroites, ce qui accentue l'impression de hauteur, un élément peu commun dans l'architecture byzantine[133]. La lumière ne parvient à l'intérieur de l'édifice que par quelques ouvertures étroites dans le dôme et au bout de chaque bras de la croix formant le bâtiment.

Les façades nord et ouest ont été dotées de colonnades. Celle du nord, donnant sur la vallée de l'Eurotas, a été reconstruite, alors que celle de la façade ouest est aujourd'hui en ruine[134]. Sur la façade nord, on trouve également une tour, qui comportait trois étages à l'origine, mais dont deux seulement nous sont parvenus, tout comme l'escalier qu'elle contient. Cette tour fut convertie en minaret pendant l'occupation ottomane, et l'église en mosquée.

Les éléments de décoration sculptés qui nous sont parvenus sont assez peu nombreux. Seul le chapiteau d'une colonne est décoré d'une rangée de motifs floraux et, au centre, on trouve le monogramme de Manuel évoqué plus haut. Pour Chatzidakis, l'exécution semble plutôt sommaire et refléterait le travail d'artistes provinciaux[134].

 

Péribleptos

Monastère de la Péribleptos

Le monastère de la Péribleptos est situé dans l'angle sud-est de l'enceinte extérieure de la ville, et est construit à flanc de falaise. On peut même dire, dans une certaine mesure, sous la paroi rocheuse. Il y a peu de sources concernant l'histoire de ce monastère et les informations sont maigres. On possède cependant deux indications concernant les fondateurs de l'édifice : sans doute un couple de nobles, représenté sur le mur ouest du rez-de-chaussée. Un autre monogramme au-dessus de la porte menant au narthex, plus tardive, porte la mention « de Léon Mavropapas » ; les Mavropapas étant une famille de notables de Mistra[135].

On trouve également un bas-relief avec deux lions rampants, de chaque côté d'un monogramme comportant l'inscription Péribleptos, que l'on peut traduire par « celle qui est admirée »[136]. Sur ce bas-relief apparaissent également des fleurs de lys que l'on retrouve en divers autres endroits, gravées aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur des absides. Ces lys étaient probablement l'emblème de la famille fondatrice de l'édifice et rappellent fortement l'influence franque[135].

L'explication de l'emplacement peu commun de ce monastère résiderait dans le fait qu'un lieu de culte chrétien, plus ancien, se serait établi dans la grotte, à l'ouest du bâtiment, qui est maintenant la chapelle Sainte-Catherine. Le monastère de la Péribleptos aurait été construit au XIVe siècle avec, pour but, le développement de l'autel primitif.

Fresque de la nativité

 

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Le plan de l'église n'est pas rectangulaire. La paroi rocheuse contre laquelle elle est adossée s'impose à l'architecture du bâtiment.

Ainsi l'église suit les lignes d'une cavité rocheuse dans laquelle elle est construite.

  À l'extérieur, les absides semblent sortir de la roche, donnant un peu l'impression d'être comme des balcons et, au-dessous de ses absides, deux petites chapelles ont également été ajoutées[137].

À l'ouest de l'ensemble, une porte ouvre sur un étroit corridor qui mène directement à l'intérieur de l'église[138].

Ce système permet à la lumière qui n'entre à l'intérieur que par les fenêtres, de gagner en intensité grâce à un contraste accru.

La Péribleptos est un église en croix grecque inscrite avec un dôme soutenu par deux rangées de deux colonnes.

La décoration extérieure y est plus simple que dans les autres églises de la ville[138].

Les sculptures, comme dans d'autres églises de Mistra, manquent d'homogénéité et d'unité artistique.

Les archéologues pensent que de nombreux éléments viennent d'autres sites[139].

Les fresques à l'intérieur du bâtiment sont du XIVe siècle et représentent la vie du Christ.

L'unité de style est plus forte que dans n'importe quelle autre église de la ville.

Elles sont donc sûrement de la même école et de la même époque,

bien que les experts aient pu distinguer le travail de quatre artistes différents, ou au moins quatre façons différentes de peindre[140].

Pantanassa

Le monastère de la Pantanassa est accroché au versant est de la colline, à un endroit où la pente est abrupte.

Il est le bâtiment le mieux préservé de Mistra et également le seul toujours habité de nos jours,

par une trentaine de religieuses.

Dormition de la Vierge (koimêsis), église de la Pantanassa
capture-dormition-mistra.png

Le monastère fut fondé par Jean Frangopoulos, ministre sous les derniers Paléologue, en 1428.

On trouve son nom et son titre peint sur les arches de la façade ouest et sur une inscription gravée dans le chapiteau d'une colonne mentionnant : « Le fondateur Jean Frangoupoulos, protostrator et katholikos mesazon ».

  Les Frangopoulos sont une famille importante de Mistra, d'origine latine, mais hellénisée avec le temps[141].

Le nom de la famille n'est d'ailleurs pas sans rappeler ses origines, puisque Frango signifie Franc.

Jean Frangopoulos, d'abord régent, devint par la suite protostrator (ou premier ministre)

et fidèle conseiller du jeune Théodore II, puis de Constantin[141].

Ce monastère est le dernier grand bâtiment de l'époque byzantine construit à Mistra[141].

La pente de la colline à cet endroit a obligé les architectes de l'édifice à l'orienter sur un axe nord-sud.

L'église, réalisée sur le modèle de l'Hodégétria, est une basilique à trois nefs au premier niveau,

et une église en croix inscrite et à cinq dômes à l'étage.

Comme son modèle, elle possède des absides très hautes, mais nettement plus riches et plus décorées[142].

Leurs façades sont divisées en zones et alors que l'Hodégétria possède peu d'ouvertures sur l'extérieur,

le monastère de la Pantanassa possède deux rangées de fenêtres sur l'ensemble de ses absides, plus larges au niveau supérieur, et plus étroites, mais plus nombreuses dans la partie inférieure.

Des arches d'influence gothique entourent chaque fenêtre du premier niveau.

L'influence franque est d'autant plus présente au niveau du clocher : ses fenêtres trilobées sont encadrées par des arcs gothiques et quatre petites tours viennent flanquer le dôme au sommet de la tour.

Le monastère de la Pantanassa est le bâtiment de Mistra où l'influence franque se fait le plus sentir.

C'est un bel exemple de l'architecture de Mistra au début du XVe siècle avec l'assimilation de trois traditions architecturales :

locale, byzantine et franque[143].

Édifices civils et militaires

 La forteresse et les remparts

La forteresse est le cœur de la défense de Mistra. Construite en 1249 par Guillaume II de Villehardouin, puis améliorée par les Byzantins et les Turcs, elle s'étale sur le sommet de la colline, dominant toute la vallée de Sparte. Il n'y a qu'une seule porte permettant l'accès à la citadelle et elle est défendue par une tour carrée[144]. La citadelle est un espace relativement plat et défendu par deux remparts, un extérieur et un intérieur. Une fois franchie l'enceinte extérieure, on arrive dans la partie la plus basse, mais aussi la plus large. On y trouve des ruines d'habitations datant de la période ottomane. À l'extrémité sud-est du rempart, fut construite une tour de guet d'où l'on peut surveiller à la fois la plaine de Sparte et les pentes du Taygète. De ce côté, la citadelle était inaccessible et quasi invulnérable[145].

 

Guillet décrit la ville haute comme « toute environnée de murailles [...] et n'a que deux grandes portes et quelques fausses portes. L'une des deux grandes regarde le nord et l'autre l'est ou le levant »

. Il ajoute que la porte nord mène à Napoli de Romanie, tandis que celle de l'est mène à Monemvasia[107].

 

 

Vers 1350-1400, un autre bâtiment est construit entre les deux précédents afin de les connecter. Contemporain de ce bâtiment, un autre est édifié à l'extrémité nord-est et abrite les appartements du despote et de sa famille. Le dernier étage abritait une chapelle[148].

L'aile nord-ouest, la plus récente, complète le complexe palatial et fut construite vraisemblablement au tout début du XVe siècle, sous les Paléologue.

Elle se compose de trois niveaux : une sorte de sous-sol, à demi enterré ; un rez-de-chaussée, comportant huit appartements non connectés les uns aux autres ;

le premier étage, constitué d'une seule grande salle, est appelé le Chrysotriklinon,

ou salle du trône d'or et mesure 36,30 mètres de long sur 10,50 mètres de large[148],[149].

Toutes les cérémonies et les formalités liées à la fonction du despote s'y déroulent[149].

Un banc de pierre fait le tour de la pièce afin que les visiteurs puissent s'asseoir.

 Sur le plan architectural,

ce bâtiment présente de nombreuses analogies avec le palais du Porphyrogénète à Constantinople, construit aux XIIIe siècle et XIVe siècle.

Cependant, la présence de grandes fenêtres et de fenêtres circulaires montre une influence de l'Italie et de ses palais Renaissance.

Cette aile aurait été détruite dès 1464 et la prise de la ville par Sigismond Malatesta[153].

Plus à l'ouest, on trouve d'autres bâtiments, érigés probablement afin d'accueillir les nobles de la cour et les officiels[153].

Suite !!

 

 

 

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