Athéna porte l'Egide

 

Mythe

Description

Il n'est pas facile de comprendre en quoi elle consiste exactement chez les poètes épiques. Son étymologie naturelle (aigís signifie également « peau de chèvre »[1]) incline à faire penser qu'il s'agit d'un bouclier recouvert d'une peau de chèvre[2]. Elle est évoquée à plusieurs reprises dans l’Iliade, où l'épithète principale de Zeus est αἰγίοχος / aigíokhos, qui signifie littéralement « monté sur une chèvre », mais que les Grecs interprètent comme « Porte-Égide »[3]. On a suggéré qu’aigi- désignait à l'origine plutôt un oiseau, qui dans certaines traditions allemandes ou lituaniennes accompagne le dieu de la foudre[4].

L'égide est l'œuvre d'Héphaïstos[5] — ou, chez Hésiode, de Métis, pour sa fille Athéna[6]. Au chant II (v. 446-449), Homère la décrit ainsi :

« la précieuse égide, inaltérable et pure,
D'où pendillaient cent franges merveilleusement tressées,
Tout en or fin, et dont chacune valait bien cent bœufs[7]. »

Au chant V (v. 738-742), la représentation diffère sensiblement :

« [Athéna] jeta sur ses épaules l'effrayante égide
Aux poils mouvants, où s'étalaient, en un grand rond, Déroute,
Et Discorde et Vaillance et Poursuite glaçant les cœurs,
Avec la tête de porte en son centre la tête de Gorgo, ce monstre épouvantable,
Terrible, grimaçant, signe de Zeus le Porte-Égide. »

Les commentateurs tardifs y voient la peau de la chèvre Amalthée, nourrice de Zeus[8]. Euripide propose une étymologie curieuse : selon lui, l'égide est une cuirasse revêtue de la peau de la Gorgone tuée par Athéna pendant la Gigantomachie[9]. L'égide porterait ce nom parce qu'Athéna se serait « ruée » (ᾖξεν, du verbe ἀΐσσειν / aíssein) au combat. Il semble cependant qu'il s'agisse davantage d'un jeu de mots que d'une véritable étymologie. Des traditions lient plus étroitement l'égide à Athéna : dans l'une, il s'agit de la peau du géant Pallas, vaincu lors de la Gigantomachie et écorché par Athéna[10] ; dans l'autre, il s'agit de la peau d'un Pallas, qui serait le père d'Athéna, et que celle-ci aurait tué et écorché[11].

Bien qu'il s'agisse dans les épopées du principal attribut de Zeus, celui-ci n'est que rarement représenté avec l'égide dans les œuvres d'art. À partir de l'époque classique, l'égide est considérée comme une sorte de cuirasse ornée d'une peau de chèvre et jetée sur les épaules d'Athéna, également appelée gorgonéion. Chez Eschyle[12], l'égide semble consister seulement en une peau de chèvre,

puisqu'Athéna peut la tendre devant elle comme une voile, pour être portée par les vents.

 

Phobos (mythologie)

Dans la mythologie grecque, Phobos (en grec ancien Φόϐος / Phóbos) est le fils d'Arès et d'Aphrodite, frère de Déimos. Incarnation de la peur panique (signification de son nom en grec). Phobos est l'étymon du mot phobie. Il accompagne son père à la bataille avec son frère Déimos. L’Iliade le décrit ainsi :

« Οἷος δὲ βροτολοιγὸς Ἄρης πόλεμον δὲ μέτεισι,
τῷ δὲ Φόϐος φίλος υἱὸς ἅμα κρατερὸς καὶ ἀταρϐὴς
ἕσπετο, ὅς τ' ἐφόϐησε ταλάφρονά περ πολεμιστήν »

« On voit ainsi Arès, fléau des hommes, marcher au combat,
Suivi d'Effroi, son fils intrépide et fort,
Qui met en fuite le guerrier le plus résistant[1]. »

Il a laissé son nom à Phobos, une des deux lunes de Mars (la seconde portant le nom de son frère Déimos).

 Fichier:Eris Antikensammlung Berlin F1775.jpg

Éris

Dans la mythologie grecque, Éris (en grec ancien Ἔρις) est la déesse de la Discorde.

Mythe 

 

Selon Hésiode, elle est fille de Nyx (la Nuit) et donne naissance seule, comme sa mère, à de nombreux enfants, tous méchants et malfaisants : Ponos (la Peine), Léthé (l'Oubli), Limos (la Faim), Phonoi et Makhai (les Meurtres et les Combats), Dysnomia et Até (l'Anarchie et le Désastre), Algea (les Douleurs), Hysminai (les Mêlées), Androktasiai (les Tueries), Nikea (les Querelles), Amphilogiai (les Disputes), Pseudoi Logoi (les Mots Menteurs) et Horkos (le Serment), qui veille sans cesse sur les serments qu’il sanctionne, comme il punit sans pitié le parjure volontaire. Dans l’Iliade elle est la sœur d'Arès, dieu de la guerre ; elle l'accompagne dans ses combats et tient en main l'emblème de la guerre. Homère la décrit ainsi (IV, 440-443) :

« (...) la Discorde infatigable,
Tout à la fois compagne et sœur de l'homicide Arès,
Qui d'abord se dresse timidement, mais qui bientôt
Touche du front le ciel et de ses pieds foule la terre. »

Elle peut sans doute être assimilée à Ényo, citée au chant V.

Cependant Éris représente aussi l'aspect positif de l'émulation : au chant XI de l'Iliade, Zeus l'envoie réveiller l'ardeur au combat des chefs grecs (XI, 3-14) ; c'est elle aussi qu'Héraclès choisit lorsqu'il rencontre deux femmes au début de ses exploits selon Hésiode.

Furieuse de ne pas avoir été invitée aux noces de Thétis et Pélée, elle y jette une pomme d'or portant l'inscription « pour la plus belle » (Ἡ καλὴ λαϐέτω / Hê kalề labétô). Cette « pomme de discorde » se révélera fatale, puisque c'est elle qui provoquera indirectement la guerre de Troie (pour plus d'information, voir Jugement de Pâris et Discordianisme pour une interprétation différente de ce mythe).

Éris et Arès seront à la tête des Lapithes lors de leur guerre contre les centaures.

Son nom a donné naissance au terme « éristique », l'art de la controverse.

Le personnage d'Éris a également été repris comme thème central du discordianisme, religion moderne humoristique apparue dans les années 1950 aux États-Unis.

 

Bia

Dans la mythologie grecque, Bia (en grec ancien Βία / Bía) est une divinité personnifiant la Force, la Vaillance, la Valeur ou la Violence comme son nom l'indique. Fils du Titan Pallas et de Styx, il est le frère de Niké (la Victoire), Cratos (la Puissance) et Zélos (l'Ardeur), avec qui il fait partie des proches de Zeus.

Eschyle lui prête d'avoir enchaîné Prométhée, avec l'aide de Cratos et d'Héphaïstos.

Pausanias rapporte qu'il partage un temple où il est interdit d'entrer avec Ananké (la Nécessité) dans la ville de Corinthe.

 

Méduse

Copie romaine de la tête de Méduse ornant l'égide de la statue d'Athéna du Parthénon (original de Phidias), Glyptothèque de Munich (Inv. 252)

Méduse (en grec ancien Μέδουσα / Médousa, de μέδω / médô, « commander, régner »[1]), appelée aussi Gorgo, est, dans la mythologie grecque, l'une des trois Gorgones (avec Euryale et Sthéno), la seule à être mortelle.

Sommaire

Mythe

Tête de Méduse par le Caravage, huile sur cuir marouflé monté sur bois, v. 15921600, galerie des Offices (Inv. 1351)

Fille de Phorcys et de Céto, et donc sœur des Grées[2], elle est une belle jeune fille dont Poséidon s'éprend[3] . Séduite par le dieu dans un temple dédié à Athéna, elle est punie par la déesse qui la transforme en Gorgone. Ses cheveux deviennent des serpents et désormais son regard pétrifie tous ceux qui le croisent[4]. (Selon certaines versions, c'est Aphrodite qui, jalouse de sa chevelure et de sa beauté, change ses cheveux en serpents.)[réf. nécessaire][Lesquelles ?]

À la demande de Polydecte, Persée la décapite, aidé selon des sources plus tardives par Hermès et Athéna[5]. De son sang jaillissent ses deux fils, Chrysaor, père de Géryon, et le cheval ailé Pégase[6], sur lequel Persée s'enfuit, poursuivi par les autres Gorgones[7]. Après l'avoir utilisée pour pétrifier le monstre marin envoyé par Poséidon, délivrer Andromède et tuer Polydecte qui retenait sa mère prisonnière, Persée offre à Athéna la tête de Méduse, que la déesse fixe sur son bouclier, l'égide[8].

Pausanias[9] livre une version historicisante du mythe. Pour lui, Méduse est une reine qui, après la mort de son père, a repris elle-même le sceptre, gouvernant ses sujets, près du lac Tritonide, en Libye. Elle a été tuée pendant la nuit au cours d'une campagne contre Persée, un prince péloponnésien.

Iconographie

Persée portant un pétase, des sandales ailées et la kibisis jetée sur l'épaule, détourne la tête pour tuer Méduse, pithos orientalisant à reliefs, v. 660 av. J.-C., musée du Louvre (CA 795)
 
Fichier:Perseus Medusa Louvre CA795.jpg

Les premières représentations du mythe de Méduse apparaissent sur deux pithoi béotiens à relief (Louvre CA 795 et CA 937) et sur une amphore à col protoattique (musée d'Éleusis), tous trois remontant au second quart du VIIe siècle av. J.-C.[10] Sur les premiers, Méduse apparaît comme un centaure femelle, sur le point d'être décapitée par Persée, qui détourne la tête pour éviter d'être pétrifié. Sur l'amphore d'Éleusis, Méduse gît, décapitée, parmi les fleurs ; ses sœurs, à forme humaine mais aux visages monstrueux, veulent poursuivre Persée, mais sont arrêtées par Athéna qui s'interpose.

À la fin du VIIe siècle, la représentation du masque de Méduse (ou gorgoneion) évolue sous le pinceau des peintres de Corinthe, sans doute sous l'influence des têtes de lion apotropaïques (destinées à conjurer le mauvais sort)[11] : elle a le visage rond, avec de gros yeux proéminents, un nez épaté et une barbe ; elle tire souvent la langue. L'exemple le plus connu est une assiette attique de Lydos conservée au Staatliche Antikensammlungen de Munich (Inv. 8760). Le gorgonéion est souvent représenté sur les boucliers dans la peinture vasculaire attique : au départ, il peut orner le bouclier de n'importe quel guerrier ; à partir du milieu du Ve siècle av. J.-C., il se rencontre le plus souvent, sur les vases comme en sculpture, comme ornement de l'égide d'Athéna. Parallèlement, la tête de Méduse perd son aspect terrifiant : elle est désormais celle d'une belle jeune femme, seuls les serpents de la chevelure rappelant sa nature monstrueuse.

Parmi les représentations modernes, les plus connues sont le bouclier d'apparat peint par le Caravage, conservé à la galerie des Offices, ou encore le buste du Bernin conservé aux musées du Capitole.

Notes

Buste de Méduse par le Bernin, 1630, musées du Capitole (MC 1166)
    1. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck,

 

 

Pithos

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Un pithos de 675 av.J.-C. environ, provenant de Crète. Musée du Louvre.

Un pithos est une profonde jarre d'origine grecque, ayant une faible base. Le pithos est utilisé pour stocker des denrées agricoles non périssables comme des céréales et des liquides. Le moût de raisin pressé était stocké dans les pithoi pour y fermenter. On recueillait les débris de fermentation à son embouchure, puis on le fermait jusqu'à la fin de l'hiver, à Athènes à l'occasion de la fête des Anthestéries (le premier de ces trois jours de fêtes était nommé Pithoigia, c'est-à-dire « ouverture des jarres »[1]). Le vin était alors prélevé et mis en amphore.

Le coût élevé d'un pithos (de 30 à 50 drachmes[2], c'est-à-dire un à deux mois de salaire d'un ouvrier à l'époque) s'explique, non par la matière première utilisée, mais par la grande qualité de leur fabrication, indispensable compte tenu du fait qu'ils étaient souvent enterrés pour assurer une température constante au produit stocké. Cette caractéristique explique qu'ils constituent une part non négligeable des transactions foncières auxquelles ils étaient associés : les pithoi étaient vendus avec la maison[2].

L'utilisation de ces pithoi s'est poursuivie jusqu'à la deuxième moitié du XXe siècle : Marie-Claire Amouretti, historienne des techniques en Grèce antique, dit ainsi avoir « rencontré, dans les années soixante, des fabricants de vase qui restaient une semaine dans une région isolée et installaient plusieurs tours le long d'un fossé, en particulier pour fabriquer des pithoi »[3].

 

Talaria

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
 
Une des plus anciennes représentations connues[1] : Persée, portant des talaria et la kibisis jetée sur l'épaule, détourne la tête pour tuer Méduse, pithos orientalisant à reliefs, v. 660 av. J.-C., musée du Louvre (CA 795)

Dans la mythologie grecque, les talaria (du latin talaria, pluriel neutre de talaris, qui signifie « de la cheville »), talonnières ou sandales ailées sont un des attributs d'Hermès.

Les talaria sont attestées dès Homère, qui les qualifie de ἀμβρόσια χρύσεια / ambrósia khrýseia, « immortelles/divines et en or »[2] :

« [Hermès] noua sous ses pieds ses divines sandales, qui brodées de bel or, le portent sur les ondes et la terre sans borne, vite comme le vent [...][3]. »

Cependant les ailes ne sont pas mentionnées chez le poète. Il faut attendre pour cela le Bouclier d'Héraclès, qui le premier parle de πτερόεντα πέδιλα / pteróenta pédila, littéralement « sandales ailées »[4]. Les auteurs postérieurs reprennent tous cette caractéristique[5].

Attribut naturel du dieu, ils jouent aussi un rôle dans le mythe de Persée, puisque le héros les chausse avant d'aller combattre Méduse[6]. Chez Eschyle[7], Persée est équipé directement par Hermès. Cependant dans une tradition mieux attestée[8], le héros doit récupérer les sandales chez les Grées avec la kunée et la kibisis. Mais comme le souligne Timothy Gantz[9], on voit mal pourquoi Hermès n'avait pas avec lui ses propres sandales, ni Hadès son propre casque.

 

Suite !!

 

 

  

 

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