Synagogue

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Les synagogues antiques

Les plus anciennes synagogues connues aujourd'hui sont situées en terre d'Israël et contemporaines de la destruction du Second Temple. Les synagogues antérieures, s'il s'agit de centres de Dieu décrits dans les Psaumes, ont été détruites. Celles des siècles suivants ont souvent été détruites par les chrétiens ou transformées en églises[28] comme à Stobi.

La synagogue la plus ancienne dont on ait des traces serait l'une de celles de Jéricho, située près des ruines d'un palais hasmonéen, découverte accompagnée d'un mikveh à proximité du wâdi Kelt par le professeur Ehud Netzer et datant du premier siècle avant l'ère commune[29],[30].

La synagogue la mieux connue actuellement est celle de Massada, la forteresse qui domine la Mer Morte, cependant d'autres sont plus anciennes, comme la synagogue d'Herodion, une autre forteresse du roi Hérode située à 12 kilomètres de Jérusalem où ce roi s'est fait enterrer, et la synagogue de Gamla, antique capitale du Golan[31]. A Jérusalem, on connaît une synagogue du Ier siècle, celle de Théodotos, dans la cité de David. Selon sa dédicace découverte en 1913, elle servait à la lecture de la loi, à son enseignement et à l'hébergement des voyageurs[32].

Après la destruction du Temple, les Romains interdisent la construction de synagogues en Palestine. Les destructions se poursuivent avec la révolte de Bar-Kokhba de 132 à 135 mais de nombreuses communautés juives se maintiennent jusqu'à la conquête arabe, ainsi qu'en atteste la présence plus d'une centaine de ruines de synagogues[32], les plus vieilles datant du IIIe siècle. Elles sont pour la plupart situées en Galilée mais aussi sur le Golan et dans le sud du pays. On en trouve aussi à Beth Shean ou à Gaza.
L'une des synagogues les plus célèbres de cette époque est celle de Capharnaüm, située sur le lac de Tibériade, probablement sur les lieux évoqués dans les Évangiles. Ces synagogues adoptent souvent le plan basilical des bâtiments grecs, et si elles sont décorées de symboles juifs comme la menora, la synagogue de Beït-Alfa exhibe également des mosaïques représentant le zodiaque, et celle de Hammath[33] des personnages de la mythologie grecque. À Hammat Gader[34], sur le Yarmouk, les pavements de mosaïque étaient agrémentés de motifs géométriques. Celui devant la bimah, le plus élaboré, représente deux cyprès et deux lions tournés vers le centre et une guirlande entourant une dédicace qui s'achève sur ces mots en araméen : « ... dont les actes de charité sont en toute place constants et qui ont fait don ici de cinq pièces d'or. Puisse le Roi de l'univers bénir leur œuvre. Amen. Amen. Selah. »

Synagogues de la diaspora aux deux premiers siècles.

En diaspora, les synagogues se répandent dans le monde hellénistique ou romain. Les plus anciennes, connues par des dédicaces, sont celles de Schedia[35] à une vingtaine de kilomètres d'Alexandrie, de Xénéphyris, de Nitriai et de Naucratis[32] et datent du IIIe siècle av. J.-C., mais celles dont il reste des ruines sont beaucoup plus récentes.
La synagogue de Sardes en Lydie, située dans d'anciens thermes romains, est l'une des plus grandes synagogues connues, avec ses 122 mètres de longueur. Celle de Naro, aujourd'hui Hammam-Lif en Tunisie, présente de remarquables mosaïques.

La synagogue de Doura-Europos en Syrie sur l'Euphrate est, elle, décorée de fresques. Découverte en 1920, elle avait été enfouie sous des remblais accumulés pour soutenir un siège en 256 alors qu'elle n'était vieille que de 12 ans. Les fresques qui l'ornent, aujourd'hui conservées au musée de Damas sont dans un excellent état de conservation. Elles représentent des scènes bibliques avec une multitude de personnages, y compris Moïse et Ezéchiel, ce qui est rare dans une synagogue du fait de l'interdit des images promulgué de longue date par les rabbins, même s'il paraît exister d'autres exemples de synagogues peintes, comme à Huseifa ou à Ma'oz Hayyim. La synagogue de Doura-Europos est la première synagogue connue où il semble y avoir une niche pour abriter l'arche sainte dans le mur ouest de la synagogue, permettant ainsi aux fidèles de se tourner vers l'ouest et vers Jérusalem lors de la prière.

On distingue parfois deux types de synagogues antiques : les grands édifices orientés vers Jérusalem sans Arche d'alliance car les rouleaux de la Torah étaient conservés dans une pièce attenante pour être portés dans la salle de prière lors de la lecture de la Torah, comme à Capharnaüm et les « basiliques » sur le plan des bâtiments publics romains, semblables aux églises d'Orient avec une nef centrale séparée de deux bas-côtés par des colonnes et dont l'abside orientée vers Jérusalem abrite les rouleaux de la Torah[36].

L'ornementation des synagogues antiques du Moyen-Orient est donc fortement influencé par la culture environnante. Par exemple, les fresques de Doura-Europos et celles des églises chrétiennes byzantines postérieures ont une parenté qui peut laisser supposer des modèles communs.

En Occident, la plus vieille synagogue connue est celle d'Ostie[37], le port antique de Rome. Elle date originellement de la seconde partie du Ier siècle, mais a été agrandie et embellie par la suite. Construite le long du rivage, elle témoigne par ses vastes proportions et son décor de la richesse de la communauté locale. Les inscriptions funéraires témoignent de l'existence d'une douzaine de synagogues à Rome[38].

Synagogues du Moyen Âge

Au Moyen Âge, la plus importante partie de la communauté juive est installée en Babylonie, puis en Afrique du Nord et en Égypte. La communauté juive demeurée en terre d'Israël est fortement réduite, et soumise à de multiples vicissitudes, la Palestine étant occupée tour à tour par Byzance, les Arabes puis les Croisés, puis de nouveau les Arabes. Les communautés rabbanites et karaïtes essuient des pertes irremplaçables (et fatales pour la prédominance karaïte dans le pays) et perdent un grand nombre de fidèles à la suite des massacres de la Première croisade, pendant laquelle les Juifs sont regroupés dans la grande synagogue de Jérusalem et brûlés vifs. La kenessa enterrée à Jérusalem date du XIe siècle et demeure un lieu de pèlerinage annuel des karaïtes à Souccot. Les synagogues ont en effet souvent été enterrées à Jérusalem : il faut y descendre pour y entrer. Cela permet de construire avec une grande hauteur de plafond sans offenser les musulmans par la construction de bâtiments qui domineraient le voisinage. En 1267, Ramban restaure une maison en ruines, et en fait un lieu de culte, qui porte depuis son nom, la synagogue Ramban où on peut encore voir des inscriptions paléo-hébraïques et des voûtes romanes. Autour d'elle se reconstitua le peuplement juif de Jérusalem, qui avait été anéanti lors de la prise de Jérusalem par les Croisés.
En Égypte, la synagogue Ben Ezra du Caire, qui abrite la Gueniza du Caire, aurait été érigée en 1115 par Abraham Ben Ezra de Jérusalem.

Synagogue Vieille-Nouvelle de Prague

En Europe, les synagogues deviennent de plus en plus le centre de la vie juive : outre les salles de prière et d'étude, on y trouve souvent un mikvé, un four pour les pains azymes et des salles pour les voyageurs.
En France, la première mention historique d'une synagogue est faite par Grégoire de Tours lors de sa destruction à Clermont-Ferrand en 576. À Rouen, certains reconnaissent une synagogue dans un bâtiment retrouvé sous le palais de justice[39],[40], et il subsiste une maison qui servit de synagogue au XIIIe siècle à Rouffach, en Alsace, qui ne faisait pas encore partie du royaume de France[41]. Quelques grandes synagogues reflètent l'essor de certaines communautés. Il ne reste rien des synagogues des brillantes communautés médiévales de Troyes ou de Paris. Worms en Allemagne a longtemps abrité la plus vieille synagogue d'Europe. Sa construction en style roman date du XIe siècle. Rachi y a étudié, et elle survécut aux massacres et destructions de la Première Croisade, pour être complètement détruite par les nazis en 1938. Aussi la plus vieille synagogue encore en service en Europe est-elle la synagogue Vieille-Nouvelle de Prague, de style gothique, qui date de 1270.
La synagogue actuelle de Cavaillon est construite sur les lieux où se situait la synagogue au XVe siècle. C'est en effet de cette époque-là que date l'essor des communautés juives du Comtat Venaissin qui servit de refuge aux Juifs expulsés définitivement du royaume de France en 1394.

Les synagogues espagnoles datant généralement de la Reconquête sont construites par des communautés riches. Elles ont été transformées en églises quand le pouvoir chrétien s'est affermi ou au plus tard après l'expulsion des Juifs d'Espagne. L'une d'elles, à Tolède, devint la maison du Greco. Les autres synagogues de Tolède (Synagogue Santa María la Blanca et Synagogue El Tránsito) sont de nos jours des musées. L'église Santa Maria la Blanca de Séville est également une ancienne synagogue. Barcelone passe pour abriter dans le quartier de Call la plus vieille synagogue d'Europe mais ceci n'est pas du tout formellement établi[42].
La plus ancienne synagogue sépharade encore en activité, construite au XIVe siècle, est située en Croatie, à Dubrovnik[43].

 

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