Images et statues

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Plus tard, Héliogabale, qui voulut installer Baal à Rome, préféra lui bâtir un nouveau temple[24]. Alexandre Sévère, au sens religieux réputé syncrétique, abrita sa collection de héros et de divinités dans un laraire personnel. Enfin, quand Aurélien officialisa le culte de Sol invictus, il lui fit également construire un nouveau temple.

Le Panthéon dut connaître les vicissitudes qui frappèrent tous les temples antiques de Rome à la fin du IVe siècle : interdiction de sacrifice et de fréquentation des temples en 391[25], éphémère reprise des cérémonies traditionnelles en 393 lors de l’usurpation d’Eugène, interdiction par Théodose Ier de toute forme d’activité païenne en 392 [26] qui s’impose à Rome à la défaite d’Eugène.

Les nombreuses statues et les décorations de bronze sur le fronton du Panthéon furent peut-être victimes des récupérations lors du siège de Rome par Alaric en 408, au cours duquel les ornements des temples furent prélevés pour payer la rançon exigée par Alaric[27], ou bien furent pillées pendant le sac de Rome de 410 ou celui de 455.

Moyen Âge

Les Byzantins reprirent le contrôle de Rome au VIe siècle. Visiblement le Panthéon, monument autrefois public, restait propriété impériale, puisque en 609, l’empereur byzantin Phocas en fit don au pape Boniface IV. Celui-ci le consacra comme église chrétienne à la Vierge Marie et aux martyrs (Sancta Maria ad Martyres, c’est-à-dire Sainte-Marie aux Martyrs), titre qu’elle porte encore de nos jours. Il fit transférer des restes anonymes prélevés dans les catacombes et installer un autel sur ces reliques[23].

Aux yeux d’un ancien Romain, s’il eût paru étrange d’admettre les pratiquants dans la cella, au lieu de célébrer le culte à ciel ouvert devant le temple, l’ensevelissement de dépouilles humaines dans le temple était un sacrilège : toute inhumation était bannie non seulement dans l’aire du temple, mais aussi dans l’espace sacré (pomœrium) de Rome. L’installation des reliques dans la Panthéon est un signe parmi d’autres de la disparition de ce tabou plus que millénaire. Néanmoins, on constate la puissance des principes architecturaux du Panthéon, dont la symétrie axiale imposa le placement de l’autel dans l’exèdre sud, face à l’entrée, et non à l’est selon l’usage chrétien. La consécration de l’édifice le sauva du vandalisme et des destructions délibérées qui ruinèrent la plupart des monuments de la Rome antique pendant le bas Moyen Âge.

En 663, l’empereur byzantin Constant II (641-668) qui menait campagne contre les Lombards en Italie du sud séjourna brièvement à Rome. À court de finances, il fit récupérer les tuiles de bronze doré qui couvraient la coupole du Panthéon[28]. Une couverture de plomb les remplaça en 735.

Les marbres intérieurs et le grand portail en bronze ont survécu, même si ce dernier a été restauré à plusieurs reprises comme en 1563[23]. En revanche, les marbres qui couvraient l'extérieur de la rotonde ont complètement disparu.

 

Les grandes réalisations architecturales des papes de la Renaissance puisèrent largement les matériaux dans les vestiges de la Rome antique. Ainsi, le pape Urbain VIII Barberini (1623-1644) donna l’ordre à son architecte Le Bernin (1598-1660) de récupérer les bronzes qui décoraient l’intérieur ou couvraient le portique du Panthéon. Ils furent fondus pour réaliser de 1624 à 1635 le baldaquin de Saint-Pierre dans la nouvelle basilique Saint-Pierre[29]. Les responsables de ce pillage furent raillés par cet épigramme «Quod non fecerunt Barbari, fecerunt Barberini » (Ce que les Barbares n’ont pas fait, les Barberini l’ont fait)[23]. À la fin du pontificat d’Urbain VIII, Le Bernin ajouta deux clochetons aux extrémités du fronton du Panthéon, que les Romains surnommèrent « les oreilles d’âne du Bernin ». Ils furent éliminés en 1882, ce qui rétablit l’aspect originel du fronton[23].

À deux reprises sous Urbain VIII puis sous Alexandre VII (1655-1667), il fallut remplacer une (ou deux[15]) colonnes tombées à l’angle gauche du pronaos (côté oriental), par des colonnes de granite provenant des thermes néroniens voisins. La colonne d’angle remplaçante est en granite rose, au lieu d’être gris clair, ce qui altère la régularité des colonnes de façade : en regardant l’agrandissement de la photo de face du pronaos, on constate cette différence de teinte.

Enfin, en 1747, l’architecte et peintre baroque Luigi Vanvitelli restaura le décor intérieur de la rotonde, occultant les fenêtres qui étaient sous la coupole en les remplaçant par de fausses fenêtres[16].

Aujourd’hui, le Panthéon est un carrefour touristique au cœur des vieux quartiers de Rome, et donne sur la Piazza della Rotonda (place de la Rotonde), à laquelle il a donné son nom. L’obélisque du Panthéon qui se dresse depuis 1578 sur la fontaine vient du sanctuaire égyptien voisin[23].

 

Bien que l’Italie soit une république depuis 1946, des membres volontaires d’organisations monarchiques font dire des messes d’intention sur les tombes royales du Panthéon. Cela a parfois soulevé des protestations des milieux républicains, mais une messe n'étant jamais dite en l'honneur de quelqu'un, mais pour prier pour lui, les autorités catholiques ne voient aucune raison d'interdire ces pratiques. D’autres polémiques furent déclenchées par la question de transférer au Panthéon les restes de Victor-Emmanuel III et de Humbert II, derniers souverains italiens, compromis dans le fascisme.

Le Panthéon est désormais une église, où l’on célèbre encore des messes et des mariages. Il est à ce titre fermé aux visiteurs durant les cérémonies liturgiques.

 

Postérité

Le Panthéon, modèle le mieux conservé de l’architecture monumentale romaine, a eu une énorme influence sur les architectes européens et américains (un exemple parmi tant d’autres, Andrea Palladio), de la Renaissance au XIXe siècle. De nombreuses salles publiques, universités et bibliothèques, ont repris sa composition (un portique à fronton et un dôme).

Exemples d’édifices célèbres influencés par le Panthéon :

Le Panthéon de Rome n’est pas inscrit en tant que tel au Patrimoine mondial de l’UNESCO, mais il en fait partie comme élément du centre historique de Rome, classé en 1980.

Volonté constantinienne

Plan au sol de la construction du IVe siècle ((en))

Au début du IVe siècle, les lieux de la crucifixion et de l'ensevelissement de Jésus de Nazareth sont dissimulés sous un forum romain où se dresse un grand temple dédié à la triade Capitoline, érigé par Hadrien lorsqu'il a transformé Jérusalem en une cité romaine du nom de Aelia Capitolina, après avoir écrasé la seconde révolte juive[1].

En 325, suivant la demande de l'évêque Macaire l'empereur Constantin envoie l'architecte Zénobie à Jérusalem, qui commence à attirer des pèlerins chrétiens. Il y fait araser le rocher sépulcral, dégageant ainsi le tombeau putatif de Jésus de Nazareth et construit à la place un ensemble de bâtiments destinés à glorifier la mort et la résurrection du messie du christianisme. On évalue à 5 000 m3 la pierre ainsi extraite, car le diamètre de l'édifice est de 35 m, et la hauteur du rocher creusé de 11 mètres[2]. Hélène, mère de l'empereur convertie au christianisme, s'y rend elle-même en pèlerinage l'année suivante et une tradition lui attribue la découverte de la Vraie Croix, près du Golgotha[1].

Un premier ensemble de bâtiments est achevé en 335 comprenant la rotonde, pour célébrer la Résurrection - ou Anastasis, en grec -, un atrium entouré de trois portiques à colonnes, une basilique à cinq nefs témoignant de la Passion et de la Résurrection appelée Martyrium (du grec, marturion, témoignage), complétés par un narthex, un atrium extérieur et une série de marches donnant sur le cardo maximus. Au centre de la rotonde, Constantin aurait déjà fait construire un édifice destiné à renfermer le tombeau, appelé en grec Kouvouklion (Kουβούκλιον ; « petit compartiment ») ou édicule (du latin : aediculum, « petit bâtiment »), mais il n'est actuellement pas possible de vérifier ce fait. Dans les années qui suivent, une série de bâtiment commémoratifs dessinent un parcours à travers lequel les pèlerins se glissent dans la vie, la mort et la résurrection de leur messie[1].

 

Prise par les Perses

En 614, la ville est mise à sac au terme d'un siège de trois semaines par les Perses sassanides. À cette occasion, l'Anastasis et le Martyruium subissent de graves dommages et le général Schahr-Barâz emporte la Vraie Croix dans son butin. L'empereur Héraclius restaure le Saint-Sépulcre et restaure triomphalement la Vraie Croix sur le Golgotha, en 630. Mais en 635, sous la pression des armées musulmanes, ce dernier doit quitter la Syrie en emportant la Vraie Croix à Constantinople. Trois ans plus tard, Jérusalem tombe aux mains des Arabes[3]. Les pèlerinages ne sont pas pour autant interrompus et des princes et ecclésiastiques continuent à se rendre aux lieux saints sans discontinuer[4], dans un mouvement qui s'amplifie à partir du Xe siècle.

Lieu de pèlerinage, première croisade

Au Moyen Âge, le Saint-Sépulcre est le lieu de pèlerinage par excellence, une destination prestigieuse de pèlerinage pour la chrétienté occidentale. Jérusalem est alors sous domination musulmane depuis le VIIe siècle. Les musulmans réservent la basilique de la Résurrection, où se trouve le Saint-Sépulcre, au culte chrétien en prélevant, depuis leur arrivée un droit d'entrée lucratif auprès de chaque pèlerin, taxe qui finira par irriter ces derniers dont le nombre augmente de manière croissante[5].

Au début du XIe siècle, en 1009, à la suite d'autres bâtiments chrétiens comme le monastère de Sainte-Catherine du Mont Sinaï, la basilique de la Résurrection est détruite par le calife fatimide Al-Hakim qui, se pensant investi d'une autorité divine, persécute chrétiens, juifs et certains musulmans[6]. L'accès au Saint-Sépulcre interdit durant une dizaine d'année. L'évènement s'amplifie sous la plume de chroniqueurs comme Raoul Glaber ou Adhémar de Chabannes qui parlent d'un complot anti-chrétien fomenté par les conseillers juifs du Sultan inspirés par leur coreligionnaires européens. Cette rumeur crée un vif émoi et une colère qui se retournent contre les juifs d'Europe et déclenchent une série de pogroms prendront place entre 1009 et 1012[7]. À partir de 1027, les relations entre l'Empire byzantin et les califes s'améliorent permettant un accord sur la reconstruction entre l’empereur Michel IV le calife Al-Mustansir Billah. L’église est reconstruite grâce à une collecte à travers la chrétienté et à l'argent de l’empereur byzantin. Le travail achevé en 1048 sous Constantin IX Monomaque[8]. Dès 1020, dans un contexte politique instable qui voit se succéder fatimides et abbassides, créant une insécurité latente, les pèlerinages reprennent, parfois sous forme de cortèges armés qui anticipent les croisades[9].

Quand la première croisade est prêchée en Europe vers 1095, l'église de la Résurrection, si elle est en mauvais état, n'est ni spoliée ni profanée[6]. Pourtant, le thème de l'atteinte au Saint-Sépulcre fera partie de l'arsenal des amalgames malveillants utilisés pour la propagande guerrière visant à susciter l'indignation et la réaction des chrétiens, qui sont appelés à délivrer les lieux saints de Jérusalem[10]. Une forgerie est d'ailleurs créée pour Urbain II à cet effet, connue sous le nom de « fausse encyclique de Sergius IV », censée avoir été écrite par ce pape en 1011 à la suite de la destruction de la ruine de l'église du Saint-Sépulcre par Al-Hakim, appelant les chrétiens à « venger » le Saint-Sépulcre et l'arracher aux infidèles pour obtenir le salut de leur âme[11]

Reconstruction

Plan au sol de la construction acvtuelle ((en))

La reconstruction du XIe siècle, opérée par des équipes byzantines et locales, conserve la structure architecturale de la basilique constantinien. La maçonnerie, elle, diffère et a été réduite de moitié. La partie orientale, comprenant l'atrium et les cinq nefs, est abandonnée mais la cour à trois portiques située entre la basilique et la rotonde est reconstruite dans des proportions identiques à l'ancien bâtiment. Trois nouvelles chapelles prennent place à l'ouest de la cour, disparues aujourd'hui[8].

À l’ouest de ces construction, les anciennes citernes sont transformées en chapelle souterraine ; une série de nouvelles chapelles remplace l'ancienne basilique, trois au sud de l’Anastasis et quelques autres entre l’Anastasis et le Patriarcat[8].

Le nouveau bâtiment est richement orné d’un pavement de mosaïque de pierres de différentes couleurs à motifs géométriques. Le pavement de l’Anastasis, constitué d'une dizaine de panneaux, est orné à ses quatre côtés de figures animalières d’inspiration islamique encore visibles de nos jours, témoignant de l'intervention d'artisans locaux[8].

La Rotonde médiévale sera à nouveau détruite par un incendie qui ravage le Saint-Sépulcre en 1808.

 

Suite!!

 

 

 

 

 

 

 

 

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